La Journée Internationale de Lutte pour les Droits de la Femme a fait vibrer Toulouse dimanche 8 mars.

Depuis la Cérémonie des Césars : la grogne monte

Le souvenir de la récompense de meilleur réalisateur attribuée à Roman Polanski était dans toutes les pensées. Nombre de pancartes reprenant les déclarations d’Adèle Haenel, une actrice victime d’une agression sexuelle par un réalisateur qui a quitté la salle au moment de l’annonce, ont fleuri dans la foule : “C’est la honte !” ; “Distinguer Polanski, c’est cracher au visage de toutes les victimes.” Ou encore des dessins représentant l’actrice faire le signe zéro devenu représentatif du moment où elle est partie de la cérémonie. L’évènement Polanski a mis dans les bouches des manifestant(e)s le sujet du harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma.

Une atmosphère à la fois festive et contestataire

Dimanche 8 mars, on marchait dans une même direction aux côtés des manifestant(e)s criant d’une même voix les slogans forts de la marche : “Nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère !” ; “Avec les femmes, du monde entier, so, so, so, solidarité !”. La marche fut colorée, souvent de violet, qui représente la lutte féministe. Sur les visages toutes sortes de maquillages rendaient le mouvement aussi pailleté que révolté. La marche fut dansante : la camionnette du cortège diffusait des chansons connues chantées par des femmes et/ou en l’honneur des femmes.

De multiples revendications ont été prônées dimanche. En France, un demi-million de femmes ont été agressées sexuellement en un an : elles luttent alors contre le harcèlement sexuel, le harcèlement de rue, et la culture du viol. En 2019, 151 femmes ont été tuées par leur conjoint ou leur ex-conjoint d’après l’association NousToutes. L’année 2020 commence trop fort avec déjà un recensement de 18 femmes tuées en même pas trois mois : elles alertent le gouvernement et attendent avec empressement un plan d’action efficace. Certaines pancartes dénonçaient l’aboutissement de la réforme des retraites (suspendue à ce jour à cause de l’épidémie du Covid-19) grâce au 49.3 : “Édouard, pour ton 49.3, ma jupe était trop courte ?” En effet, la réforme est susceptible de défavoriser les femmes, cette pancarte a métaphorisé l’argument de certains violeurs évoquant “une jupe trop courte”  utilisé ici pour justifier l’application du 49.3. Les droits à l’IVG et à un salaire équitable entre femmes et hommes étaient bien entendu prônés. Enfin, l’égalité femmes-hommes se doit d’être respectée en matière d’éducation sexuelle. Le fleurissement de multiples comptes sur les réseaux sociaux initiant leur communauté à une éducation sexuelle décomplexée explique sûrement la présence d’un clitoris et d’une vulve géants dans la foule.

Le féminisme doit-il être non-mixte ?

Dans la foule, certains hommes venus lutter aux côtés des femmes ont pu s’étonner de ne pas pouvoir accéder au tout devant de la marche : le cortège était non-mixte. La veille de la manifestation, 1 500 femmes s’étaient déjà retrouvées sur la place du Capitole, montrant l’ampleur et l’importance de leur lutte. Seules acceptées cette fois : les femmes et personnes s’identifiant au sexe féminin. Une explication apportée par une étudiante interrogée dans la manifestation a été d’énoncer que les femmes sauront se libérer elles-mêmes. Trop longtemps dépendantes d’une société patriarcale, aujourd’hui, elles agissent pour elles et n’auront de reconnaissance que pour elles-mêmes.

Cependant, les avis s’opposent. Certain(e)s voient la lutte féministe comme un mouvement qui ne classe pas les gens selon leur origine, leur couleur de peau, leur orientation sexuelle ou leur sexe. Se battre pour une égalité entre femmes et hommes est alors ouvert à tous. Cela suppose de rassembler le plus grand nombre de monde, dans un élan de solidarité dans la diversité.

 

 

La lutte

 

Un demi-million de femmes agressées sexuellement par an en France

Le travail paye, le viol aussi