C’est ce vendredi 6 mars que Thierry Delay dit le « monstre d’Outreau », ex-pensionnaire du centre de sclérosés en plaque à Rieux Volvestre s’est vu infliger une peine de deux ans de prison pour agression sexuelle à l’encontre d’ une handicapée de l’établissement. Un jugement en demi- teinte qui a été prononcé par le tribunal de grande instance de Toulouse. Un soulagement toutefois pour l’ensemble des malades et le personnel de cet établissement qui ont eu à subir ce patient pas tout à fait comme les autres et qui leur avait été imposé.

Thierry Delay , 56 ans, qui s’est rendu tristement célèbre à travers le procès Outreau avait déjà passé 15 années de prison suite au viol de ses quatre enfants. Un prédateur dira la Procureure, un pervers sexuel aux pulsions destructrices qui ne sait résister à une libido incontrôlable lorsqu’il n’est pas sous castration chimique.

Atteint d’une sclérose en plaques, les autorités l’avaient dirigé vers le centre spécialisé Pierre Hanzel à Rieux Volvestre, après sa sortie du centre de détention de Muret. Il y est arrivé il y a de très nombreux mois dans la plus grande discrétion, secret médical oblige. Lourd fardeau pour le personnel tout d’abord qui devait s’occuper de lui mais également pour les personnes résidentes dont certaines dans un état physique très dégradé. Les familles des malades ne supportaient pas non plus cette présence inacceptable à leurs yeux.

Un prédateur en chasse

Les faits se sont produits entre 2017 et 2019. Il avait jeté son dévolu sur une co-pensionnaire clouée sur un fauteuil roulant et sur laquelle il exerçait une forte emprise psychologique. « J’étais amoureux d’elle. Je lui touchais les jambes parce qu’elle avait la peau douce » Assis sur son fauteuil roulant et s’exprimant difficilement à la barre, il minimise ses actes et sa responsabilité. Il dira « mais c’était pas méchant »

Une condamnation qui ne fait pas l’unanimité

La procureure de la République avait pourtant requis trois d’emprisonnement pour ce prédateur dont elle dira, qu’après s’être attaqué à ses propres enfants, il s’en prenait maintenant à des adultes vulnérables. Après délibération, le tribunal ne l’a condamné qu’à 2 ans avec un suivi socio-judiciaire de cinq ans et une obligation de soins et l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. Etant déjà en préventive pour cette affaire, il est retourné en prison pour quelques mois.

« Il faut l’accompagner dans ces pathologies, pour endiguer cette libido et je ne pense pas que l’enfermement de Thierry Delay soit la solution », a plaidé son avocat Me El Hadji Gueye lors de l’audience en correctionnelle à Toulouse. Un avocat très satisfait de cette décision puisque l’état de récidive aurait pu porter la peine à 14 ans d’emprisonnement si il avait été retenu.

Un goût amer à Rieux Volvestre

Le calme est revenu au centre Pierre Hanzel à Rieux Volvestre mais avec un goût très amer malgré tout. Cette impression que ce qui s’est passé ne pouvait qu’arriver vu le lourd passé de ce patient et le fonctionnement d’un centre qui n’est pas adapté à ce genre d’individus. Chacun se tait voulant oublier cette histoire pour regarder vers l’avenir et ne penser qu’à la construction de ce nouveau centre ultra moderne qui mettre du baume au cœur à tout le monde.