Des Rabeats aux Beatles.

On arrive au terme d’un show de deux heures qui a médusé un public conquis. Le Zénith a rempli toutes ses travées. On était venu voir les Rabeats, a tribute to the Beatles. La prestation s’est avérée époustouflante, bluffante. Franchement, on s’y est cru.

Ce soir, on a vu les Beatles, on les a rêvés et on s’est pincé pour s’en assurer. Quatre mortels, des petits gars d’Amiens aux cocasses surnoms de scène, Sly, Marcello, Dip et Flamm, se sont pris pour les dieux de Liverpool. Pendant deux heures remplies d’une bonne trentaine de chansons cultes puisées de la première période rock très classique aux références les plus psychédéliques (et on les connait toutes), on a chanté, on a tapé des mains, on a dansé dans le poulailler et fait cliqueter les bijoux. Puis, bingo ! Au sommet de son art, le batteur Flamm a livré un infernal solo.

L’apothéose a rendu définitivement aux 2500 personnes présentes les bribes de rythme restées enfouies sous les peaux. On arrive au bout du show et quand le beau faux Lennon, alias Sly, a troqué sa guitare pour un piano et entamé les paroles de Hey Jude, un frisson a traversé chaque échine et hypnotisé les esprits. Le public s’est levé et s’est rapproché de l’épicentre. Tout le monde connait les paroles et a entonné le célèbre « na-na-na, na, na, judy, judy, judy, ow wow » à l’unisson.

Soirée formidable, deux heures de musique qui font tellement partie de nous-mêmes qu’il a semblé à chacun revoir sa vie. Il n’est pas l’heure d’en finir, pas déjà. On rappelle pourtant les quatre fantômes qui ont rempli leur mission, la soirée, la scène et les sens. Le message fut complet quand, au final, la conclusion du spectacle fidèle aux maitres a rappelé une dernière fois à tous : all we need is love, n’est ce pas ? On s’en est aussi pincé les lèvres et on a applaudi, une congratulation unanime en signe de sincères remerciements.

 

 

Une petite histoire : « Qu’es’ tu va core faire de ch’truc lo».

Cette phrase c’est mon papa qui l’a prononcée le lundi 15 avril 2019.
Je lui avais proposé de venir avec moi à Dunkerque récupérer une batterie que j’avais trouvée pour la modique somme de 30 euros (Mon Père est fan de Pierre Bellemare), via le bon coin. C’était une Star, dans un sale état.

Je lui ai donc demandé de se joindre à moi pour la récupérer, et ensuite nous nous ferions, le midi, un petit resto sans prétention.

Arrivé sur place, je l’entends encore me dire cette phrase en voyant la vieille dame (la Batterie, « rogntudju », pas la vendeuse, qui d’ailleurs était un homme…) : « Qu’es’ tu va core faire de ch’truc lo, c’est tout rouillé, c’est bon à choper el’tétanos, j’te foutrais ça direct dans l’poubelle ».

Là, le monsieur qui me vend cet amas de ferraille, rigole et me dit qu’il l’a récupéré à la déchetterie dans une benne. J’écoute religieusement mon vendeur mais surtout pas mon Père en train de râler. Je range la bête dans la voiture, et que ne fut pas mon étonnement de me rendre compte que la cymbale était une vieille K (Zildjian). Ce genre de cymbale recherchée par les batteurs de Jazz, qui dépassent l’imagination au niveau du prix de revente (Les cymbales, pas les batteurs de Jazz, il va falloir suivre un peu). Je m’empresse de dire discrètement à l’oreille, de mon Papounet : « Ce midi on se mange du Homard ». Du coup il ne cherche pas à comprendre, commence déjà à saliver et s’empresse de terminer le rangement du matériel à pleine main (au diable, le tétanos).

Nous, nous sommes donc arrêtés dans des halles faisant aussi restaurant pour y déguster ces grosses crevettes. Et du coup, tout en buvant mon verre de blanc, j’en profite pour envoyer des photos de la cymbale à des amis collectionneurs. Mais surtout je profite de cet instant privilégié, rare et précieux, celui d’un Père et de son fils discutant de tout mais surtout de rien. Il me raconte ses souvenirs, les anecdotes avec Maman. Il me parle de ses anciens collègues de chantier, et moi j’ai oublié le pourquoi de ma venue à Dunkerque. Je suis dans ma bulle avec Lui, et là oui je l’écoute religieusement.
Mais très vite, les réponses à mes SMS furent rapide à me parvenir, et vu les proposition de rachat, j’ai rajouté à notre commande, des huîtres, des crevettes grises, du saumon fumé…

Restaurer la star (la batterie, pas Mon Papa, là, pour le coup, vous ne faites aucun effort 🥺) ne fut pas simple, et en décembre j’avais dans l’idée de la terminer, pour l’utiliser pour le premier tableau de la tournée des 20 ans des RABEATS. Avec ces « petits » problèmes du mois de décembre justement, j’ai pris énormément de retard sur tout et n’ai pu la remettre sur pied pour l’Olympia. J’ai préféré le faire pour moi…
Bref ce matin je viens de donner les derniers coups de tournevis sur la grosse caisse, et j’ai transformé le tom en caisse claire. Son premier concert sera donc le Zénith de Toulouse vendredi soir. Un concert devant mon pote Jean-Michel, le guitariste, de mon premier groupe en 1984, CRISTAL. (Nous avions gagné le tremplin rock en Picardie de 1985, j’avais 17 ans…)

Ce que j’aime bien dans cette histoire, c’est me dire que cette batterie, allait être écrasée dans une benne à ordures. Au final elle va partir sur scène, sur les plus grandes salles de France.

C’est ma façon à moi de remercier cet instrument qui m’apporte tant…

Au fait Pa’, c’est quand tu veux pour sillonner, de nouveau les routes, à la recherche «Ed’ chè truc lo »

Flamm, ….