Le 13 décembre à Salies du Salat à l’auditorium une assemblée attentive à assisté à la présentation de la nouvelle parution d’Eth Ostau Comengès : « Ceux de Betchat dans la Grande Guerre ».

Les auteurs, Jean-Paul Ferre et Denis Cucuron ont exposé leur méthode, celle d’une véritable investigation de détective autant que d’historien. Denis Cucuron avait entrepris depuis quelques années des recherches sur les disparus de la Grande Guerre sur les communes de Chein et de Montastruc, que nous pouvons retrouver publiées dans la revue Mémoires d’Arbas. Jean-Paul Ferre a voulu donner du sens à la commémoration de la disparition des hommes de sa commune de Betchat en ces temps obscurs. Le sérieux et les compétences déjà bien inscrites dans le paysage culturel du Comminges de ces deux érudits nous offrent à découvrir ces derniers moments de vie de ces jeunes gens du pays partis pour l’enfer des hommes dans ce qu’ils ont de pire, loin de leur villages.

Denis Cucuron a rappelé une bataille oubliée, celle de Bertrix qui fut un désastre de par l’ineptie de la théorie du commandement. Cette bataille a une importance particulière pour notre région, car c’est le 17e corps d’armée de Toulouse qui y était engagé. Cet ouvrage propose une lecture de l’histoire de cette guerre au travers des gens d’ici, la vie au pays qui a précédé à la tragédie, l’état d’esprit des populations à la veille de la guerre de 14, le principe du tirage au sort des conscrits et la conscription universelle avec l’institution du service militaire obligatoire, le moral des troupes et la stratégie militaire, la guerre pourquoi et pour qui ? Où sont affectés nos soldats, leur équipement, etc. Les deux auteurs ont réussit à rétablir une proximité presque intime avec ces noms inscrits dans la pierre avant l’oubli. Ce travail a le mérite également d’interroger sur ce qui devait être La der’ des der’, sur cette capacité allègre qu’ont les généraux à jouer aux échecs grandeur nature. A la fin de la deuxième guerre mondiale qui fut en quelque sorte l’achèvement de la première, Jacques Prévert écrivait « Oh Barbara, quelle connerie la guerre !».