24 heures après une telle claque, la joue est encoré brûlante et on n’a guère envie de tendre la seconde. “Je suis vraiment dégoûté, avait lâché le président Alain Lagèze. On prend 50 points et on perd Cyril (Moliner) blessé…”. La défaite encaissée 50 à 12 dimanche à Limoux n’est guère digeste. Les saint-Gaudinois avaient pourtant joué une première mi-temps surprenante, dominant leur sujets et faisant douter leurs adversaires invaincus cette année et logiquement favoris. La partie engagée s’avérait difficile mais les Ours faisaient front. Le score est resté vierge toute la première demi-heure et, même si l‘équipe encaisse le premier essai, l’opportuniste et la vivacité de Valentin Dumas avait remis les deux équipes à égalité juste avant la pause.

Que s’est-il donc passé en seconde période? Cyril Moliner, blessé, ne réapparait plus. Piqué chez lui, le XIII Limouxin sort des vestiaires avec ses propres résolutions, marque d’entrée un essai, puis un second quelques minutes plus tard. “24 heures après, mon analyse est toujours la même, déclare avec le léger recul Julien Gérin, l’entraîneur de Saint-Gaudens. Menés 16 à 6, on n’a pas le droit de baisser les bras. Certains des joueurs, pas forcément tous, n’ont pas eu la bonne attitude. C’est dommage parce qu’un tel comportement pourrit le travail engagé de toute une équipe. On a d’abord joué une vraie première mi-temps de rugby. Les deux équipes enchaînaient des attaques tranchantes à des défenses solides. C’était dur, très dur. En seconde période, on ne peut pas se réfugier derrière la blessure de Cyril. On n’a pas su répéter les efforts fournis en première, on n’a pas su enchaîner deux mi-temps à ce niveau de jeu, on n’en a pas été capable. On n’a pas tous réagi dans le même sens. On a pris un carton jaune. On est dans un sport collectif qui ne laisse pas de place aux réactions individuelles. On a lâché mentalement.” Le rouleau compresseur audois a alors passé en revue tout l’éventail des combinaisons d’essais posibles, neuf en quarante minutes. Les Limouxins ont déferlé avec une telle fréquence en terre commingeoise qu’il a plu à l’animateur de Radio Marseillette de commenter que les Saint-Gaudinois passaient plus de temps entre leurs poteaux à attendre les transformations de leurs adversaires qu’à jouer sur le terrain. “Je suis dégoûté ajoute Julien Gérin. Je suis sûr que si on ne prend pas un carton jaune, si on reste mort de faim, bien en cannes, on aurait pu tenir. Je suis déçu qu’on ait ainsi lâché, déçu par l’attitude des joueurs qui ont craqué. Je leur ai dit. C’est sûr que c’est le mental qui nous a manqués”.