Les « porteurs de feu » des Pyrénées s’organisent pour ne pas « mourir de leur succès »

 Eth Ostau Comengés, très impliqué dans la sauvegarde et la transmission du patrimoine culturel immatériel en Comminges-Barousse, participait à la  Xème Rencontre Internationale des Fallaires des Pyrénées, qui se tenait le  14 septembre à la Pobla de Segur en Catalogne.

La communauté des fallaires des Pyrénées se mettait d’accord pour constituer une coordination des fêtes du feu, avec pour objectif de préserver la tradition et son esprit.

Elle sera formée par vingt et un  membres de Catalogne, Aragon, Andorre et Occitanie. La directrice de la Chaire d’Éducation et Patrimoine Immatériel des Pyrénées de l’Université de Lleida, Sofia Isus, soulignait l’importance de cette coordination pour éviter que la fête « ne meure de son succès ».

C’était la question centrale traitée durant cette Xème Rencontre Internationale des Fallaires des Pyrénées, à laquelle participait une cinquantaine de représentants de vingt communes de Catalogne, d’Aragon, Andorre et d’Occitanie.

La reconnaissance par l’UNESCO des fêtes du feu des Pyrénées comme patrimoine de l’humanité en 2015 a stimulé la mise en valeur de la fête des Falles, Haros, Halhas et Brandons.

Grâce à cette reconnaissance, ces dernières années, beaucoup de communes renouaient avec cette tradition. Concrètement, quand l’UNESCO l’a reconnue, il y avait 64 communes inscrites, alors que, maintenant, elles sont 94. C’est pourquoi une des tâches de la coordination des fêtes du feu sera de décider qui pourra bénéficier de ce « label ».

« On ne peut appeler falles tout ce qui se brûle, il doit y avoir des critères », expliquait Sofia Isus, en remarquant la nécessité d’organiser la communauté fallaire pour que la fête « ne se banalise pas » à cause du tourisme.

C’est la première fois que la Pobla de Segur accueillait cette rencontre, organisée par l’association de Fallaires i Pubilles de la Pobla de Segur. Le président, David Garín, a expliqué que l’objectif de la rencontre est de partager des expériences et « une occasion supplémentaire de fête pour débattre et éclaircir les doutes ».

Pour sa part, le maire, Marc Baró, s’est déclaré heureux de pouvoir accueillir la rencontre, car il s’agit d’une fête « très enracinée et qui unit la majeure partie de la population ». Il a été convenu que la rencontre de l’année prochaine se ferait en Occitanie.