Communiqué des gilets jaunes.

La commission communication des gilets jaunes commingeois a adopté en AG du 8 février 2019, une lettre destinée aux médias en général, dont nous communiquons ici même l’intégralité.

“Nous vous l’adressons, au nom de la commission communicaLes événements de ces derniers mois ont montré, de façon parfois violente, à quel point les relations entre les médias et le peuple étaient devenues compliquées. L’état des lieux est inquiétant pour les journalistes comme pour le peuple et donc pour la démocratie.

Rappelons qu’à la Libération, l’État a rénové la presse par une série d’ordonnances, dites de 1944. Leur but était d’empêcher les journaux d’être soumis aux puissances d’argent … et de permettre au citoyen d’exercer des choix en toute connaissance. Depuis des années, nos gouvernements, en liquidant ces acquis, placent les Français devant un grave problème de libertés.

La plupart des organes médiatiques appartiennent aujourd’hui à de grands propriétaires économiques et manquent ainsi d’une indépendance financière et éditoriale. La paresse intellectuelle, l’envie de plaire aux puissants et le manque de courage de certaines directions éditoriales entraîne une carence énorme en termes de moyens et de temps accordés aux journalistes de la base pour enquêter sérieusement et honnêtement sur des sujets capitaux. La défiance à l’égard des médias n’a donc cessé de croître ces dernières années, et la plupart des citoyens ont été condamnés à s’informer en s’abreuvant de bêtise télévisuelle ou de complotisme cybernétique (Certains citoyens sont devenus plus responsables et exigeants envers l’information qu’ils reçoivent en allant la chercher par eux-mêmes, notamment en confrontant diverses sources mais aussi en lisant des ouvrages ou journaux sérieux et documentés).

Le droit du citoyen à être informé a été bafoué. Il en conçoit aujourd’hui une grande révolte. Cette révolte juste s’est manifestée notamment dans le mouvement des Gilets Jaunes, de façon parfois excessive. Ont été amalgamés à tort, le journalisme et les médias, les journalistes et les consultants experts en expertologie, les présentateurs de JT qui émargent à 40 000 € mensuels et les pigistes payés 1,50 € l’article. Des journalistes ont, plus rarement, subi une hostilité regrettable.

En Comminges, certains d’entre vous ont été rabroués sans raison valable par des Gilets Jaunes. De même, les Gilets Jaunes ont été choqués de voir des journalistes venir faire des reportages sans en parler avant, entrer dans les réunions et faire des images sans se présenter.

Nous, Gilets Jaunes du Comminges, souhaitons aujourd’hui que les relations avec les journalistes locaux, qui sont aussi des citoyens, se normalisent dans le respect mutuel.

Nous avons tous notre part de responsabilité individuelle et collective sur la mise en place de ces choix liberticides. Avec nous, choisissez de lutter pour la pérénité d’une presse indépendante et critique, redonnez un sens sacré à l’acte d’écriture libre.

Nous souhaitons aussi voir dans les colonnes des presses locale comme nationale, une nette condamnation des atteintes récentes à la liberté de la presse (perquisitions, violences policières contre certains journalistes, etc). Il y aura encore des frictions et des réajustements, mais, en vérité, l’issue de cette relation dépend de nous tous et d’abord de notre volonté de comprendre avant de juger, redevenons humbles pour converger vers un acte fondateur d’une presse libre.

Ainsi, nous serons tout à fait disposés à répondre à vos sollicitations et à faciliter votre travail d’information.

Ensemble, pour la liberté de la presse et le droit du peuple à accéder à une information libre, documentée et honnête !”