La Retirada, période marquante pour la République Espagnole, fut aussi pour la France du Sud-ouest une page de son histoire. C’est en traversant les Pyrénées que près de 500000 personnes, femmes, enfants, vieillards puis l’armée républicaine en déroute, purent fuir la dictature franquiste.

Aujourd’hui, Christian Lacombe, féru de l’histoire locale, nous parle de cette période.

 

Pourquoi tenez-vous tant à nous conter cette période ?

 

En 2017, l’association Histoire et Traditions Carbonnaise (HTC), en collaboration avec la municipalité, d’autres associations, le collège André Abbal, a réalisé une rétrospective de la Rétirada. Mais, 2019 marque les 80 ans de cette triste période.

 

Que voulez vous nous rappeler?

 

La chute de Barcelone début 1939 déclenche « La Retirada ». Cet exode, qui ne fut pas anticipé par les autorités françaises dura de longues semaines. Le nom des camps d’Argeles, Saint Cyprien, Le Barcarès, Rivesaltes, Bram, Agde, Le Vernet résonnent de façon sinistre dans nos mémoires. Dans ces camps d’urgence, ceinturés de fils de fer barbelés, garnis de baraquements sommaires, sans hygiène, surveillés par des gendarmes, les républicains espagnols sont considérés comme des suspects. Le plus grand nombre partira vers l’Amérique latine et en Afrique du Nord. Parmi ceux qui resteront, soit environ 150 000 réfugiés, de nombreuses villes de notre région les accueilleront. Ils deviendront une force vive de notre pays après guerre.

 

Quel fut leur comportement durant la guerre ?

 

Certains d’entre eux, des régions occupées, furent déportés comme travailleurs en Allemagne. Peu reviendront. D’autres s’engagèrent dans la résistance et dans la France Libre. La « Nueve », division Espagnole de la 2ème DB rentrera la première dans Paris en aout 1944. Il faudra attendre le 24 août 2004 pour que la France reconnaisse le rôle essentiel des républicains Espagnols dans la libération de Paris. D’autre part, des foyers de guérilleros seront très actifs dans le midi, participant à la libération du Gers (l’Isle Jourdain), du Tarn ou de l’Aveyron (rodez). En Ariège, après de nombreux combats, ils libèrent Foix avant l’arrivée du maquis français.

Ce devoir de mémoire me semble important dans la période qu’est la notre aujourd’hui.