Les  jours se suivent et se ressemblent sur le rond point à l’entrée de St-Gaudens. Après 8 jours de présence, la motivation ne faiblit pas, mieux même elle s’est renforcée. Toute la semaine cet emplacement stratégique (entrée de la ville et accès direct à l’autoroute A64) a été occupé de jour comme de nuit. Les nuits particulièrement fraîches n’ont pas refroidi les ardeurs. Autour des feux improvisés les slogans n’ont pas changé. Pour Christian quasiment présent tous les jours, la lutte continue. Les taxes ne sauraient à elles seules expliquer le ras le bol général. L’exécutif entend mais n’écoute pas. Pour Abdel, lui aussi fidèle au poste, qui semble-t-il a passé la nuit sous une tente,  il s’approche d’une personne qui marche pied nus et lui offre une paire de chaussures récupérée sous la tente. Un détail qui passe inaperçu mais  ce geste n’a pour lui rien d’exceptionnel…

La solidarité  c’est aussi ce cabanon construit la veille ( vendredi ) par un menuisier pour permettre aux gilets jaunes de venir se restaurer, boire un café. Il y a tout ce qu’il faut ici… Ceux qui n’ont pu se libérer ont apporté de la nourriture ou laissé de l’argent pour préparer les repas . Certains chefs d’entreprise sont passés dans la semaine pour soutenir le mouvement et apporter une aide matérielle. Pour Rémi, Gaétan, Alain…. on a réussi a prendre des matinées de congé et être là, l’après-midi-midi, le soir. Certains prétendus gilets jaunes ont été  invités à partir au cours des jours précédents. Ici pas de débordement, pas d’alcool, on veut des gens responsables. Comme le dit si bien Alain, en prenant à témoin son beau-frère, je quitte les lieux au moindre incident.

C’est vrai que l’ambiance est bon enfant. On est pas là pour passer un bon moment, on est particulièrement conscient de la gravité de la situation. Pour l’automobiliste pas de souci pour passer sur l’autoroute ou rejoindre la ville, on passe lentement même si du côté des gilets jaunes on n’exclut pas quelques blocages de courte durée.  Les gilets jaunes ont tous le même langage. On ne cherche pas de porte-parole, ici il n’y en a pas mais tous sont déterminés à poursuivre le mouvement, au moins jusqu’à mardi jour où le président de la République doit s’adresser aux… français! Il paraît utile de préciser que les services de sécurité de la gendarmerie assurent depuis une semaine (de jour comme de nuit)  une présence rassurante pour les usagers de la route.