Chez les Compagnons d’Emmaüs, par charité chrétienne, tout le monde travaille. La communauté c’est une vie bien réglée, c’est réconfortant et stabilisant. Pour en sortir on a parfois besoin d’un coup de pouce.

De nombreuses années que nous les côtoyons, que nous allons y chercher des objets de nécessité ou l’objet coup de  cœur, à un prix défiant toute concurrence. Mais connaissons nous pour autant la Communauté d’Emmaüs ? Son fonctionnement ? Son organisation ?

C’est simplement une association, loi de 1901. Gérée par un conseil d’administration de 12 membres qui prend des décisions de gestion, de budget, avec un bureau tous les 15 jours, pour les affaires courantes. A sa tête, un président élu, en l’occurrence à Saint-Gaudens, monsieur Michel ALLENOU.

Sur ce site 4 salariés, un directeur monsieur Charles IMBERT, un responsable, une secrétaire-comptable, et un technicien pour les réparations de tout ce qui est électrique. Cette association est à but non lucratif, et ne dispose d’aucune subvention. La vocation de l’association est d’accueillir des personnes en grande difficulté, dans le cadre de cette communauté mise en place par l’abbé Pierre. Elles n’ont parfois pas d’autre solution que la rue et la débrouille, avec tout ce que cela entraine.

22 compagnons sur le site.

Aujourd’hui 22 compagnons sont présents sur le site de Saint Gaudens, dont 3 femmes. Malheureusement elles aussi sont de plus en plus nombreuses. Chaque jour 3 ou 4 appels refusés par manque de place. Quand vous êtes accepté on ne vous demande rien, votre passé vous appartient. La seule obligation, et pas la moindre quand il s’agit d’une communauté, c’est le respect des règles du vivre ensemble. Accepter de vivre avec les autres. Ce n’est déjà pas évident, n’est ce pas, de vivre en couple, avec chacun ses petites manies, alors en groupe, qui plus est lorsqu’on a connu une désocialisation…. Mais là c’est la survie de toute la Communauté d’Emmaüs qui en dépend, donc obligation du respect des règles et du travail, à chacun suivant ses possibilités et capacités mais toujours dans le respect, c’est ici le maître mot.

En échange les compagnons sont logés, nourris et blanchis reçoivent chacun 350€ par mois et l’association cotise pour eux à l’assurance vieillesse et maladie, ce qui leur permet d’être soigné.  Tout cela grâce à leur travail, aucune aide financière de l’Etat, un statut voté en 2009 sous l’impulsion de Martin Hirsch : OACAS (organisme d’accueil communautaire d’activité solidaire). La vie en communauté est donc codifiée, sa survie en dépend, celui qui déroge à la règle en est exclu. Pas facile de vivre ensemble avec des origines, des religions, des mœurs, différentes.

Directeur et compagnon dans la Communauté d’Emmaüs.

Mais heureusement Charles est là pour écouter, comprendre, gérer les divergences. Il sait les écouter, ne pas aller trop loin car ces personnes sont fragiles et donc vite déstabilisées. J’ai failli l’appeler Martin, notre directeur, car comme celui qui a su partager son manteau pour couvrir plus pauvre que lui, Charles Imbert, a mis sa famille entre parenthèses pour vivre dans la communauté. Il le fit afin de mieux comprendre leur problématique, les difficultés  rencontrées, en le vivant de l’intérieur. Un vrai cœur en or. Ainsi il peut répondre aux conflits qu’il connaît pour les avoir vécus.

Tout le monde apprécie ce grand frère, ce confident, ce père.

C’est grâce a son implication, à sa fermeté tout en justesse, que la communauté d’Emmaüs à pu retrouver une stabilité et un équilibre financier aussi. Chapeau bas, Monsieur. Pour les aider à se restructurer des cours d’apprentissage du français, des cours d’écriture pour rédiger des courriers, accompagnement social et psychologique, sont mis en place. Chaque mois les compagnons réfléchissent ensemble sur la vie de la communauté, ce qui va, ce qu’il faut modifier, parfois revendications, cela apprend à s’écouter, se respecter à avancer dans la même direction, apprentissage du lien social. On se parle, s’écoute, se respecte et on apprend qu’ensemble on est plus fort pour trouver des solutions, pour le bien vivre.

Le seul regret, est le manque de bénévoles pour aider les compagnons, pour les aider dans leur autonomie pour la sortie de la communauté. Aujourd’hui le projet est la réhabilitation de leur logement, un peu vétuste. Mais cela attendra, faute de moyens, alors pourquoi ne pas les aider en ce sens ? Peut-être pas forcément financièrement, car les temps sont durs pour tous. Mais en mettant à leur disposition nos compétences, notre savoir faire, notre temps. Un partenariat est en place avec le Casino d’Estancarbon, c’est une aide précieuse.  A réfléchir.

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