Une enquête longue et minutieuse de différentes unités de la compagnie de gendarmerie de Saint-Gaudens.

Après de nombreux mois d’enquête, les gendarmes de différentes unités de la compagnie de gendarmerie de Saint-Gaudens viennent de mettre un terme à un trafic de cannabis qui se déroulait entre l’Espagne et Bagnères de Luchon. Des condamnations allant jusqu’à de la prison ferme sont venues clore ce dossier.

Comme souvent dans ce genre d’affaire, tout a commencé par des rumeurs persistantes qui circulent, des doléances de citoyens lassés de voir des jeunes exercer un « commerce » pour le moins illégal. Comme toujours, il n’y a bien sûr rien de précis, rien de concret et seules de longues investigations, chronophages en personnels et en temps, permettent de rassembler les preuves permettant de traduire les intéressés devant la Justice.

Les gendarmes de la communauté de brigades de Bagnères de Luchon, assistés par la brigade des recherches de Saint-Gaudens, ont donc pris la décision de mener ces investigations nécessaires au démantèlement du trafic de stupéfiants.

Durant des mois, ce seront des surveillances de jour comme de nuit, souvent pour rien, souvent dans le froid, passer du temps à écouter, à observer pendant que d’autres dossiers s’accumulent avec quelques inquiétudes.

Au fil du temps, le dossier s’étaye par l’emploi de moyens plus sophistiqués. Les enquêteurs doivent, dans le jargon juridique, apporter à la Justice la preuve de l’existence des éléments constitutifs de l’infraction. On ne condamne pas sur des doutes ou des “inexactitudes approximatives” mais sur des certitudes établies avec rigueur et méthode.

L’enquête permettra d’établir que les trafiquants étaient au nombre de 4. Depuis 3 ans, ils se rendaient en Espagne avec deux véhicules selon une méthode que l’on peut voir dans de nombreux films de série B qui traitent du sujet. Une voiture ouvreuse signale toute anomalie sur l’itinéraire emprunté, évitant ainsi à la deuxième qui transporte la marchandise de faire des rencontres désagréables et d’être contrôlée par des forces de l’ordre espagnoles ou françaises. Arrivés à destination à Bagnères de Luchon, les protagonistes ne manquaient pas d’utiliser une bonne partie des produits pour leur consommation personnelle et revendaient le reste dans les vallées. Ce sont 22 kilos qui ont été importés sur la seule année 2016 selon une source gendarmerie.

Ne pouvant les intercepter en flagrant délit lors d’un transport de stupéfiants, les enquêteurs, sous le contrôle de madame le Procureur de la République de Saint Gaudens, font le choix d’interpeller les auteurs présumés à leurs domiciles dès 6 heures du matin , heure légale. Renforcés par le peloton de surveillance et d’intervention (PSIG) et la brigade des recherches de Saint Gaudens, les militaires de la communauté de brigades de gendarmerie de Luchon procèdent à l’interpellation de 5 personnes qui sont immédiatement placées en garde à vue. Les neuf perquisitions effectuées ont permis de saisir 2 kilos d’herbe de cannabis, 13 plants de la même substance, 1840 euros en liquide. Comme le permet la Loi, le véhicule ayant servi à transporter la marchandise a été également saisi. Une autre forme de peine méconnue du grand public qui touche au portefeuille les délinquants.

A l’issue de leurs gardes à vue, les principaux protagonistes ont été déférés au Parquet pour passer en comparution immédiate. Les 4 présumés auteurs ont été condamnés par les magistrats du Tribunal de Grande Instance de Saint-Gaudens : le couple a été condamné, l’homme à 12 mois de prison, dont six mois fermes, sa compagne à huit mois de prison, dont deux mois fermes. Leurs deux complices ont été condamnés, l’un à huit mois, dont deux fermes et l’autre à six mois de prison avec sursis.