Malgré la pluie et le vent qui soufflaient en bourrasque, nous rappelant ainsi les atroces conditions de vie des poilus dans les tranchées, il y avait foule pour assister à la commémoration de l’armistice de la guerre 14-18. C’était une forêt de parapluie multicolore où chacun tentait de s’abriter comme il pouvait. Les moins prévenants trouvaient dans un voisin occasionnel un geste de sympathie qui leur permettait de trouver un abri réconfortant. Une solidarité qui devait être de mise dans l’enfer de cette guerre qui a fait des millions de morts… pour rien quant à la suite de l’Histoire.

La délégation gendarmerie dont l’adjudant chef Montagnon commandant la brigade de Rieux, les sapeurs pompiers avec à leur tête le capitaine Christian Operti et le policier municipal, revêtus de leurs uniformes de cérémonie, n’avaient d’autre choix que d’affronter les éléments sans broncher. Une attitude courageuse que l’on peut saluer surtout de la part des jeunes cadets qui montrèrent là tout le sens de leur engagement. On ne peut que les féliciter et peut être même les admirer.

Si peu de gens prêtèrent attention au discours officiel du ministre de la défense récité par madame Maryse Vezat maire de Rieux, il n’en fut pas de même des textes lu par les enfants de l’école élémentaire de Rieux et des jeunes du service jeunesse de la commune. Des lectures qui ont fait l’objet d’un temps préparatoire par la volonté d’enseignants qui croient encore en leur beau métier au service de la République et d’animateurs qui donnent du sens à leurs fonctions. Que tout ceci est rassurant.

Dans des conditions difficiles, tant le mauvais temps était de circonstance, cette jeunesse nous porta témoignage, à travers des lettres écrites par des soldats ou leur famille, des ressentis et des immenses douleurs consécutives à l’horreur des moments. Un brusque retour à la réalité concrète de situations nous permettant de comprendre que l’Histoire n’est en fait que celle d’ hommes et de femmes ordinaires qui la subissent et la font bien malgré eux. “Je vais mourir Maman mais j’ai la conscience tranquille…”

Une occasion d’une introspection collective pour transposer et mieux réaliser que les réfugiés qui frappent actuellement à notre porte subissaient eux aussi des bombardements incessants à Alep ou ailleurs, victimes de plus, au gré de quelques fous de Dieu, de barbaries les plus innommables dans l’indifférence générale. Il n’y a pas d’échelles de valeur dans l’atrocité de situations. La douleur est universelle.

Pour finir cet instant de recueillement par une note plus légère, la municipalité invitait tous les gens présents à aller partager le verre du « vivre ensemble » L’occasion de se sourire, d’échanger et de fraterniser dans ces temps pour le moins incertains. Sachons ouvrir nos cœurs…et sortons de cet individualisme qui nous conduit tout droit à l’irréparable.