C’est le moins que l’on puisse écrire, l’Association « Eaunes Environnement » a eu beaucoup de courage Lundi 24. Oser provoquer une réunion publique pour que le projet d’usine de méthanisation soit présenté, relève d’une démarche osée. Déjà, ils avaient accepté que, lors de la journée des associations, les porteurs du projet communiquent sur le stand d’Eaunes Environnement. Ce qui, pour certains, relevait de la provocation !

Ainsi donc, ce lundi à 20h15, il y avait du monde devant la salle municipale Hermès.

Au final, c’était plus de 400 personnes qui avaient tenu à être là. Le moins que l’on puisse affirmer est que le projet à présenter n’avait pas l’assentiment du public ! Les présents, pour certains, étaient très proches de la menace et de la violence (Il y a d’ailleurs eu pendant la soirée un début de bagarre entre 2 personnes).

Après que le « Porte-Parole » ait présenté les grandes lignes du déroulement de la soirée, les porteurs du projet, Vanessa Pallarez et Pierre Castany, entourés de Claire Carbonell représentant Solagra et Mr Singès de la société de conseil Ectare ont commencé la présentation et les explications, entrecoupés de critiques, de leurs arguments.

Ce fut ensuite la période des questions du public avec des interventions souvent très véhémentes et des mises en doutes, très souvent argumentées, de ce qui leur avait été présenté. Les réponses, hélas, n’avaient pas de quoi rassurer les sceptiques, que ce soit sur le plan des formations du porteur du projet ( agriculteur reconverti en chimiste sans expérience, mais sans obligation légale de suivre une formation selon l’intéressé) que sur le plan économique (Comment monter un plan de financement basé sur 40% de subventions publiques et une absence de fonds propres d’où un emprunt très élevé pour un prix de vente du gaz inconnu et un contrat avec GRdF limité à 15 ans ?). D’où viendront et par ou repartiront les camions fournissant les 16600 tonnes de déchets par an ? Comment l’usine va-t-elle arriver à se procurer les 2600 tonnes de produits de tonte, les 7200 tonnes de fumier de cheval, les 4400 tonnes issues de résidus de céréales ou les 2400 tonnes de produits d’inter-cultures annoncés, sans rien payer ?

Sur le plan sécurité:

Quelles protections pour l’entourage de l’usine ? Par quel miracle la zone inondable s’arrête-t-elle à 20 mètres du bâtiment ? En cas d’échec du projet après démarrage de la production, que deviendront les « restes de l’usine » ?

Les maires d’Eaunes et de Lagardelle ont précisé leur point de vue :

Avec les informations en leur possession, ils ont ou vont présenter le projet en conseil municipal, et ne souhaitent pas la réalisation du projet. Ils ont aussi tenu à préciser qu’ils n’étaient pas décisionnaires et que c’était l’Etat qui prononçait l’avis, favorable ou pas, et qu’ils seraient, eux, mis devant le fait accompli !

Prochaine étape, vendredi à 20h30 à la salle des fêtes de Lagardelle.

Il faut s’attendre à ce qu’il y ait beaucoup de monde, car le bouche à oreille fonctionne très bien.