De la magie dans l’instant…

 

Tout ce qui compte d’amoureux du Beau et du Vrai s’étaient donnés rendez vous à l’ancienne cave coopérative de Lavelanet de Comminges où la Cie Cirk Baro d’Evel a élu résidence. Cette troupe d’artistes, connus dans le monde entier, souhaitait remercier les élus et les habitants du territoire, de les avoir accueillis à cœur ouvert. S’il y a eu quelques défections visibles parmi nos représentants issus de la démocratie, ce fut, en revanche, un véritable succès populaire. Comme pour tous leurs spectacles, c’est à guichet fermé que les artistes du Baro d’Evel ont donné un aperçu de leur immenses talents avec cette tristesse de refuser les derniers inscrits.

C’est vrai qu’il a fallu presque 3 ans pour que ce rendez vous ait pu avoir lieu mais la patience a été largement récompensée. La compagnie Baro d’Evel connait un immense succès qui la conduit sur toutes les routes du monde et cela ne lui laisse que peu de temps pour se poser sur son lieu de résidence dans le Volvestre. Alors Camille Decourtye et Blaï Mateus Trias ont profité des 15 ans de la Compagnie pour prendre date et organiser cette journée qui restera dans les mémoires.

C’est avec cinq mini représentations et une soirée musicale à l’italienne que Baro d’Evel avait décidé d’enchanter ce public fidèle du Volvestre. Le monde Baro d’Evel, c’est tout à la fois une grande technique de cirque, de la poésie, de l’humour et des artistes aux multiples talents dont ceux d’être comédiens et musiciens. Les mises en scène sont volontairement dépouillées et cela leur donne une grande sophistication. Tour à tour, on frissonne, on rit et on se laisse emporter par la poésie des situations avec beaucoup de tendresse et d’amour. La force de Baro d’Evel c’est de vous emporter dans leur monde, un univers où les règles de vie sont si différentes et le temps d’un instant, on oublie tout. Là on respecte tous les êtres humains et les animaux, là le public ne se bouscule pas mais se parle et se sourit et on laisse volontiers sa place assise. Les échanges se font avec des regards teintés d’empathie et de fraternité. Dans la file d’attente, on profite pour échanger et faire connaissance. On se reconnaît en tant que tel…

Les cinq représentations se sont déroulées sur plusieurs sites intérieurs ou extérieurs de la cave coopérative de Lavelanet. L’occasion de visiter les lieux certes, mais aussi de voir tout le talent des metteurs en scène qui on su profiter de la particularité des lieux. On a pu voir sortir des artistes de cuves à vin ou d’autres se promenaient sur les très hautes hauteurs des réservoirs extérieurs. Camille put montrer toute la complicité qui la liait à son cheval. Une relation humain-animal incroyable, même si à ce stade il est devenu improbable de distinguer les deux races. Il ne faisait qu’un, tant qu’on en oubliait tout le travail en amont qui a du permettre que cela fût. L’intervention des « comédiens » de la troupe ajouta à la poésie et à la fascination du moment.

Il est toujours facile d’employer les superlatifs pour parler d’un spectacle et les surenchères peuvent même parfois desservir le but initial. Là, force est de constater que le public avait du mal à redescendre dans son quotidien pas toujours facile et à partir. On aurait voulu rester dans ce monde qui nous avait tant apaisé et tant fait rêver. Un avis unanime, comme un seul Homme, celui qui met la Culture comme une nécessité vitale à l’équilibre des choses.

On nous avait dit « Vous pouvez être fier d’avoir Baro d’Evel en résidence dans le Volvestre à Lavelanet de Comminges ». Des mots que des mots jugés pour ce qu’il étaient mais dont on pouvait à présent mesurer le sens. On peut effectivement se montrer fier d’avoir la Cie Cirk Barol d’Evel sur notre territoire même si la cave ne sera jamais un lieu de spectacle, elle n’a pas été concue pour cela.

Selon les vœux des responsables de la Cie Cirk, cette journée devrait en appeler d’autres. On ne demande que cela…