Plus de 150 bergers et éleveurs, très en colère, se sont réunis à SARP.

A l’initiative des éleveurs de la Barousse, plus de 150 bergers, chasseurs et élus de l’Ariège, de la Haute Garonne et des Hautes Pyrénées, se sont réunis à SARP en vallée de Barousse ce mardi 27 septembre.

Cette réunion fait suite à plusieurs attaques de l’ours Goiat, venu s’installer en Barousse sur l’estive d’Areing. Plusieurs troupeaux ont été touchés, dont une vache appartenant à Emilien Bergès et plusieurs brebis de François Noguès et Jean Luc Fortassin.

Le stress et l’inquiétude nés de cette situation ont été accentués par l’attitude des autorités et des techniciens du suivi de l’ours qui ne veulent pas reconnaître la responsabilité du plantigrade, mettant en doute les bergers et les excluant des indemnisations possibles. Au stress s’ajoute donc le sentiment de grande injustice. Non seulement le métier n’est pas reconnu mais en plus on se moque des bergers.

La réunion dans le calme :

Très en colère les bergers veulent maintenant en découdre mais, si la loi les ignore, eux ne veulent ignorer la loi. La réunion de mardi soir a réuni les éleveurs autour des élus de la chambre d’agriculture des Hautes Pyrénées ; Bernard Moules, Marie-Lise Broueilh, Joelle Fortassin, tous très engagés contre la réintroduction des ours ; une élue régionale, Mme Pascale Péraldi, qui les soutiendra malgré la pression d’une forte présence écologiste à la région ; auxquels sont venus prêter leurs compétences, l’association ADDIP, ASPAP, ainsi qu’un zootechnicien ancien professeur et, bien entendu, M. Bruno Garenne-Colombes.

Après un historique rapide sur les conditions illégales de réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, présentées par M. Moules et Bruno B-C, les actions administratives et judiciaires contre le lâcher de Goiat ont été évoquées et une demande de participation par dépôt de plainte est demandée aux éleveurs pour alimenter la démarche collective mise en œuvre.

La réunion s’anime :

Après avoir sagement écouté les représentants consulaires, les représentants des associations et l’élue locale, les éleveurs ont pris la parole. Emilien Bergès a expliqué le parcours douloureux de sa vache traînée par l’ours sur 300 mètres sur un terrain en pente, puis les conditions du rapport fait par les officiels de l’ONF et du suivi de l’ours, là il ne pouvait plus cacher sa colère, suivi par de nombreux bergers de l’Ariège et des Hautes Pyrénées, dont certains ne cachaient pas leur envie d’en venir au fusil. Gare à l’ours et aux écologistes, ignorants de la vie pastorale, invités à “rejoindre le pays des bisounours, en rêve ou à la télé”.

Les actions :

C’est dans ce contexte très agité qu’il a été décidé de passer à l’action. Tout d’abord pacifiquement avec des actions destinées à informer la population des contraintes que les lâchers d’ours font supporter au monde pastoral qui, avant l’ours, est le premier intérêt touristique. Une opération barrage filtrant, permettra de distribuer des tracts le weekend du 16 octobre à tous ceux qui fréquentent les routes touristiques de la région, des opérations de communication seront menées avec les médias locaux et au-delà. Moins pacifiquement, à la prochaine attaque de l’ours, une action coup de poing sera menée en montagne dans le secteur où aura lieu cette attaque, une opération d’effarouchement qui mettra sur les sentiers de l’ours une centaine d’éleveurs motivés, accompagnés de cloches et de pétards, afin de le déranger et de perturber sa préparation à l’hibernation. Ce type  d’action sera renouvelé autant que nécessaire même si le temps qui y sera consacré sera préjudiciable au travail de la ferme.

C’est la guerre :

A la fin de la réunion c’est le mot de guerre qui a été le plus prononcé. Guerre contre l’ours, contre ceux qui le protègent et contre ceux qui ne respectent plus le travail des bergers et le pastoralisme pyrénéen.  Certains témoignages n’ont pas hésité à faire un dur rapprochement : « il est quand même dommage qu’en ce temps de guerre au proche orient, de déplacement important de populations et de manque d’argent pour les aider et les accueillir, on en soit à dépenser des millions d’euros pour accueillir un animal nuisible qui perturbe l’équilibre fragile de la vie de nos Pyrénées. Rendez votre argent à ceux  qui en ont besoin, laissez ces animaux tranquilles là où ils sont en osmose avec les populations qui les connaissent, et laissez paître nos moutons et nos vaches en paix dans les Pyrénées car avec eux on fait du bon fromage et de bonnes viandes. ».