Une galette des Rois à l’abri des regards

L’épicerie solidaire : Un monde qui se veut équitable

Il y a des mots qui parfois perdent de leur sens parce qu’ils sont trop banalisés ou employés à mauvais escient. Alors, lorsqu’on les lit ou on les entend, ils ne raisonnent plus comme il devrait. Le mot « Solidaire » fait partie de ces mots censés soigner les maux de notre société malade par son individualisme et où on a oublié de remettre l’homme au centre de tout. On préfère parler de compétition, de PIB, de dette publique, d’austérité même si dans ce dernier cas on lui donne un autre nom parce qu’il est inconvenant. Pendant qu’un petit nombre continue de s’enrichir tous les jours davantage, d’autres ne font que survivre et souvent dans l’indifférence générale. On n’aime pas voir ce qui dérange, il est plus aisé de tourner la tête et de passer son chemin.
Fort heureusement de nombreuses personnes s’élèvent contre cet état de fait et le tissu associatif se voit obliger de remplacer un système public défaillant. Même avec « je suis charlie », notre monde reste malade et notre Europe est à bout de souffle. Les Etats ne tendent plus les mains, ils font de l’économie mais force est de constater qu’elle n’est ni solidaire ni humaniste. Non, on ne tend plus la main, on montre du doigt l’autre, celui qui est sorti de la norme.
Fort heureusement et dans l’ombre, sans se décourager et avec beaucoup de ténacité et pugnacité ces soldats rebelles du système sont encore capables de tendre la main, de tendre leurs cœurs et de trouver leur bonheur tout simplement dans le sourire de l’autre. L’épicerie solidaire implantée à Rieux Volvestre fait partie de cette armée fraternelle.
Toute l’année, les bénévoles et les bénéficiaires recréent dans cette petite épicerie, ce monde(devenu irréel à l’extérieur), ou l’on se parle, où l’on se sourit où l’on se respecte. Une fois par an, la tradition veut maintenant, que toutes ces personnes se retrouvent pour fêter la galette des rois. Il n’y a plus de bénévoles et de bénéficiaires, il y a une communauté humaine qui célèbre la fraternité et le vivre ensemble. Le mot charité a été bannie et il y a de la sincérité dans les échanges, il y a de la joie dans les cœurs. Alors, selon les compétences d’un membre ou l’autre de cette communauté, on se met à chanter où à danser ou peut être à vivre tout simplement. On a laissé le survivre accroché au porte manteau de l’entrée. Il sera toujours tant de le reprendre.
Erick Orsenna disait : « Si l’on n’a pas une bonne démocratie, il y a une mauvaise légitimité des décisions et quand la croissance diminue, les risques de remise en cause de solidarité sont considérables ».
Ce soir c’est le concept de l’épicerie solidaire qui a eu la fêve. « Vive le Roi » fut-il dérangeant.
http://www.epiceries-solidaires.org