Montréjeau : Finances municipales, une dette inquiétante ?

Michel Capomasi

C’est à un exercice difficile que Michel Capomasi, en l’absence d’Éric Miquel souffrant, s’est livré sans filet ce mercredi 19 mai en conseil municipal. D’autant que l’opposition est montée au créneau pour dénoncer certaines anomalies dans les finances municipales.

Eric Miquel souffrant, c’est à Michel Capomasi qu’est revenue la lourde de tâche de présenter les comptes administratifs et de gestion 2020 de la commune. Et de faire voter les budgets primitifs 2021.

Après l’approbation du compte-rendu de la séance du 17 mars et la délibération approuvée à la majorité des membres présents concernant le paiement de la subvention à l’OGEC (Organisme de gestion de l’école catholique), place au budget.

Comptes administratifs et de gestion 2020.

Michel Capomasi signale avec le covid, des dépenses supplémentaires (25.000€), et des moindres rentrées pour la commune. Moins d’adhésions au golf également. Les dépenses liées au covid devaient être prises en charges par l’État, il n’en n’est rien.

Il détaille et explique clairement ces comptes. Il indique, entre autres, une augmentation de l’indemnité des élus de 67.000€ à 79.000€ entre 2020 et 2021.

Concernant le budget des écoles, celui-ci devrait être progressivement réintégré dans le budget général. A propos des écoles, maternelles et primaires, 50% des enfants du public comme du privé ne sont pas de Montréjeau. Et les communes dont ils sont issus, font la sourde oreille pour participer aux frais.

Il informe ensuite ses collègues de la situation du futur hôtel situé dans l’ex Ehpad. Celui-ci est toujours en travaux et sera terminé pour la fin de ce mois. Par contre, pas de gérant en vue.

Sur ces comptes administratifs, l’opposition par la voix de Jérôme Baron dénonce des anomalies. Ci-dessous, son intervention :

« 1) Budget principal 2020 : Bien que positif, l’excédent de fonctionnement du budget principal couvre à peine pour la première fois depuis de nombreuses années le remboursement annuel du capital de la dette, mais n’y a pas été affecté.

Dette de la ville dont le montant atteint des niveaux inquiétants jamais atteints depuis 2001, environ 3,4 Millions d’€.

Aucun nouvel emprunt n’ayant été contracté en 2020, le budget d’investissement présente un déficit important de plus de 500 000€.

Cet excédent est le résultat de coupes franches dans le budget notamment dans celui des associations qui passe de 111 000 € en 2019 à 37 700 € en 2020 ou le report de contributions sur l’année 2021 (assurances, Mjc, etc.).

Par contre, l’enveloppe pour la rémunération de l’ensemble des élus double en passant de 42 769 € en 2019 puis à 67 831 € en 2020 et enfin à 79 000€ au budget 2021 alors que l’on n’affecte que 14 000 € à l’entretien des voiries.

D’une manière générale la capacité de désendettement de la ville est dans la zone rouge, notre résultat de fonctionnement ne permet pas de rembourser la dette et donc mécaniquement elle s’aggrave ou perdure à des niveaux élevés.

La présentation des comptes est elle aussi discutable, car on met toujours en avant le résultat d’exploitation de 2019 (+681 207€) qui n’est qu’un résultat « comptable » et provient de recettes d’investissements donc d’emprunts contractés en 2019.

Le public n’est pas informé du montant de la dette ni de la situation des budgets annexes de la caisse des écoles ou du service des eaux.

Par exemple, le budget annexe de la caisse des écoles présente encore un déficit récurent de plus de 375 000€ jamais comblé.

Afin que la situation financière de la commune soit plus claire, nous demandons que ce budget soit réintégré au budget principal.

C’est la même chose pour le budget du service des eaux avec un déficit de 333 000€.

La situation devient critique. »

L’opposition s’abstient de voter ces comptes administratifs et de gestion.

Budgets primitifs 2021.

Plus que deux taxes à voter, la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties. Pas d’augmentation encore cette année et ce depuis 14 ans avec un taux de 21,76%. Par contre, forte augmentation de la part départementale qui passe de 21,90% à 43,66%, ce pour compenser l’abandon de la taxe d’habitation.

Le projet carte-blanche est toujours sur les rails. La commune bénéficie d’aides de la Région et du Département. Parmi les travaux, valorisation de la place Valentin, Abeille et aménagement du terrain du séminaire.

Suite au départ en retraite du Directeur général des services, M. Bénazet, le maire décide de ne pas le remplacer jusqu’à la fin de cette année. Ce pour réaliser quelques économies.

En ce qui qui concerne les associations, les subventions ne seront versées qu’à la condition qu’elles justifient de leurs activités.

Ensuite, on assiste à une bataille de comptables. Martine Tarrissan assure que la Maison de santé rapporte déjà plus que prévu.

Des chiffres : budget primitif de fonctionnement de la commune : 3 449 883,41€. Celui de l’eau et de l’assainissement : 257 466,80€ et celui des écoles 443 803,95€.

Comme pour les comptes administratifs, les budgets primitifs sont votés par les conseillers présents, hormis les trois voix de l’opposition.

Jérôme Baron à nouveau prend la parole concernant ce budget primitif 2021.

« Il est encore prévu un emprunt de plus de 968 000€. Face à nos capacités financières, cet endettement excessif devient dangereux.

Nous regrettons qu’aucune recette supplémentaire ou baisse des dépenses ne soient prévues pour renverser la tendance. »

 

 

 

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