Les salariés de Fibre Excellence avaient programmé ce lundi 2 novembre 2026 un rassemblement sur la place Jean Jaurès de Saint-Gaudens pour informer la population sur la situation de l’entreprise, de l’usine et sur les perspectives qui se dessineraient avec le groupe portugais Ghost.
Le rassemblement a attiré quelques 150 personnes, dont nombre d’élus du territoire, plusieurs maires, le député Joël Aviragnet, son suppléant et président de Haute-Garonne Tourisme Loïc Gojard, l’ancien sénateur Bertrand Auban, le vice président du Conseil départemental Patrice Rival, la nouvelle présidente de la Communauté de communes Céline Laurenties-Barrere, le maire de Saint-Gaudens Jean-Yves Duclos.
Carole Delga, la présidente de la Région Occitanie co-organisatrice avec le syndicat CGT du rassemblement, actrice pro-active dans la recherche d’un repreneur, et soutien indéfectible des salariés, était aussi présente. Elle s’est exprimée «au nom des élus présents» dans un «moment compliqué» caractérisé par «deux grands facteurs, un contexte international qui a beaucoup changé avec le prix de la pâte à papier qui a évolué vers des coûts très très bas, et un prix trop bas fixé par l’État du rachat de l’électricité produite par les turbines de l’usine».
«Plus de 130 industriels ont été contactés (en Europe)» a précisé la présidente de Région. Le dernier candidat repreneur déclaré, un industriel de nationalité portugaise, producteur de papier tissu et de produits d’hygiène, «a déposé une lettre d’intention au tribunal de commerce de Toulouse mais pas une offre de reprise. Il a demandé plus de temps». Une situation qui devrait conduire le tribunal de commerce à prononcer la liquidation judiciaire avec des «contrats de sécurisation professionnelle» pour les salariés, selon «un dispositif, prévu par la loi, qui dure 1 an avec un financement des salaires à hauteur de 95 à 98 % et l’ouverture facilitée à des formations. Cela en présence d’un projet industriel». Dans ce cadre, le site sera préservé, «sécurisé, maintenu en état de reprise, de re-fonctionnement» a souligné Carole Delga.
Le projet industriel de l’entreprise portugaise est prévu en 2 phases a aussi déclaré Carole Delga lors du rassemblement: «une première phase de redémarrage de l’usine de pâte à papier et de reproduction du fluff (un papier absorbant) et une deuxième phase de transformation de pâte à papier en rouleaux de papier-tissu destiné à fabriquer des produits d’hygiène que l’industriel portugais fabrique déjà au Portugal.
Un projet de 270 M€, dont 70 M€ pour la relance et le fluff, 200 M€ pour une usine de 50 000 m2 avec plusieurs lignes de production, pour créer les rouleaux, pour les produits finis.
Des cabinets d’études ont expertisé la solidité financière de cet investisseur étranger. Le gouvernement français a jugé que c’était un investisseur crédible, et j’espère que le tribunal de commerce le confirmera».
Les salariés ont été reçus en audience par le tribunal de commerce ce mardi 3 novembre 2026, au lendemain de ce rassemblement saint-gaudinois. Il rendra sa décision dans les prochains jours.
Malgré les espoirs déçus tout au long des derniers mois, les salariés continuent de vouloir y croire, à l’image de leur représentant syndical Nicolas Bruel: «Bientôt un an que nous sommes dans cette galère, a-t-il lancé en ouverture de la soirée. Nous avons un industriel intéressé qui explique dans sa lettre d’intention de reprise son intérêt pour le site de Saint-Gaudens. Il n’a pas la simple ambition de racheter l’usine. Il a pour objectif de la moderniser et de pousser au plus loin le procédé de fabrication de la pâte marchande, qu’il ne produit pas actuellement, jusqu’aux produits finis qu’il fait déjà au Portugal: des couches, des alèzes, du papier absorbant, du papier toilette. Son intérêt et son projet en rachetant l’usine de Saint-Gaudens est donc d’intégrer toute la chaine de production, de la fabrication de pâte à papier jusqu’aux produits finis».
«Oui, nous allons passer par des moments durs, a observé Nicolas Bruel, c’est la réalité. Nous savons qu’il existe un projet, grâce à la mobilisation des salariés, des élus, de la Région, de l’État qui commence à se mobiliser, même si c’est un peu tard. Nous faisons tout pour que ce projet aille au bout. J’y crois, j’espère que les salariés vont y croire et qu’il y aura un redémarrage. Nous avons créé un collectif avec les équipes de la Région, nous restons solidaires. La Cellulose vivra».

- Saint-Gaudens, place Jean Jaurès, lundi 2 novembre 2026, 19h30, rassemblement pour « la Cellulose », prise de parole de Nicolas Bruel et Carole Delga.



