Bottes et blousons chauds étaient de mise mardi matin 20 octobre à l’Isle en Dodon, pour la visite de chantiers organisée à l’intention des élus par le Syndicat de Gestion de la Save et ses affluents (Sygesave).
Près de la passerelle sur la Save, aux côtés de la directrice-coordinatrice Anne-Marie Duprat, et de Fabien Bouteix technicien responsable du secteur amont, se tenaient Claude Perrin, présidente du Sygesave, Chantal Denax maire de l’Isle en Dodon, Émilie Carsalade ancienne représentante du Sygesave à la 5C, Cécile Rotgé et Guillaume Vernhes des Carrières de la Neste.
Trois chantiers ont été choisis :
La traversée de l’Isle en Dodon
Les aménagements sur le lit de la Save à cet endroit ont 20 ans cette année. Ce chantier a été souhaité par l’association des Pêcheurs (AAPPMA) locale, car la Save, encastrée ici entre de hauts murs comme un chenal, s’avérait pauvre en poissons et en biodiversité. 200 tonnes de blocs calcaires ont été déversés pour créer des îlots, la végétation a poussé, ménageant des habitats pour les poissons et la faune. De deux espèces de poissons à l’époque, on en recense une quinzaine actuellement. En déficit sur la zone, les matériaux alluvionnaires (galets-graviers-sables), qui circulent et se déposent, sont mieux gérés par la rivière.
Les risques d’inondation -de triste mémoire dans le territoire- imposent une maîtrise des arbres, qui sont systématiquement coupés dès qu’ils atteignent 10 cm de diamètre. Plus grands ils représentent un réel danger d’aggravation des dégâts.
Un site de recharge sédimentaire en amont du village
Un kilomètre plus loin, des engins ont apportés des éléments alluvionnaires pour reconstituer le matelas du cours d’eau. Après des études de terrain, les autorisations et la préparation du site, les sédiments ont été prélevés dans les carrières de la Neste.
A la manière des chaises musicales, les sédiments épandus, nivelés et stabilisés, se retrouvent petit à petit sur les autres sites, qui se régénèrent. Les bénéfices écologiques de ces aménagements sont tangibles.
Gestion de la ripisylve et des embâcle secteur Bazordan
C’est dans la vallée de la Gesse, affluent de la Save, que le groupe s’est transporté ensuite, sur le chantier près de Bazordan. La ripisylve est le ruban végétal qui longe les cours d’eau. Le Sygesave la contrôle et la préserve, car son rôle est essentiel, elle régule la température, maintient les berges, filtre l’eau ruisselant vers la rivière, ralentit le débit du cours d’eau, offre un habitat à la faune et structure le paysage.
Quant aux embâcles, issus de la ripisylve, sont des obstacles dans le lit de la rivière, constitués essentiellement de branches et de troncs d’arbres, ils sont aussi l’objet de la planification de chantiers comme celui de Bazordan. Fixés ou ôtés, ils dégagent le lit du cours d’eau, pour faciliter l’écoulement et éviter les risques d’inondations. Les habitats aquatiques sont pris en compte dans ces travaux.
Une matinée instructive qui a mis en lumière la gestion raisonnée des cours d’eau du territoire, pour les rendre résilients et naturels.



