À quelques jours de l’audience du Tribunal de commerce de Toulouse, Carole Delga appelle le président de la République, Emmanuel Macron, à décider d’une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, c’est-à-dire une prise de participation provisoire de l’Etat au capital de l’entreprise (ne nécessitant pas de loi spéciale). Objectif : sécuriser le site de Saint-Gaudens et ses 270 emplois pendant quelques mois, afin de donner aux industriels intéressés le temps nécessaire pour finaliser une solution de reprise pérenne.
Carole Delga a déclaré lors de la conférence de presse : « Depuis des mois, nous remuons ciel et terre pour sauver Fibre Excellence. Nous avons bâti un projet solide, réuni 90 M€ et démontré qu’une solution industrielle est possible. Mais les industriels intéressés ont besoin de temps pour finaliser leur engagement. Ce temps, aujourd’hui, seul l’État peut nous le donner. Je demande donc au président de la République de prendre ses responsabilités et de décider d’une nationalisation temporaire de Fibre Excellence, avec une participation de l’Etat au capital de l’entreprise. Il s’agit d’une mesure exceptionnelle et limitée dans le temps, pour sécuriser l’entreprise quelques mois et permettre à une solution industrielle privée d’aboutir.
La Région prend ses responsabilités : elle va engager 13 M€. Nous demandons à l’État d’en faire autant, avec un engagement de 15 M€ (voir détail ci-dessous). Nous sommes à la dernière étape. Laisser disparaître aujourd’hui le dernier producteur français de pâte à papier alors qu’une solution est à portée de main serait incompréhensible. Quand il ne reste plus qu’une usine en France, on ne la regarde pas disparaître. On se bat pour la garder ».
Depuis plusieurs mois, la Région Occitanie pilote la recherche d’une solution de reprise et a sollicité près de 150 acteurs économiques français et étrangers. Une offre reposant sur un projet industriel et un plan d’investissement de 90 M€ a ainsi été construite avec l’ARIS et plusieurs partenaires industriels. Il manque aujourd’hui une dernière pièce pour la faire aboutir : un opérateur de pâte à papier capable de reprendre durablement le site.
La nationalisation temporaire demandée à l’État vise précisément à donner ce temps au projet. Concrètement, dans le cadre de l’offre actuelle, la nationalisation temporaire se traduirait par un engagement de l’État à hauteur de 15 M€ : une participation au capital de 5 M€ et un prêt de 10 M€. La Région engagera de son côté 13 M€, qui seront votés dès ce lundi, dans le cadre d’une Commission permanente exceptionnelle, avec en complément le soutien déjà acquis d’industriels à la hauteur de 3 M€. Cette intervention provisoire permettrait d’assurer la continuité du site dans l’attente de la finalisation d’une solution industrielle privée.







