Alice Coutinho: une commingeoise dans le peloton du Tour de France cycliste !

La commingeoise Alice Coutinho seule représentante de l’Occitanie dans le peloton très international du Tour de France 2026. Sa maîtrise de l’anglais et de l’espagnol a facilité son adaptation face aux médias.

Réussir des études d’ingénieur, c’est un beau challenge. Mener en parallèle une carrière de sportive de haut niveau l’est tout autant, et c’est encore plus rare. C’est un «mix» qui requiert volonté, engagement et talent, comme l’expérimente et le démontre la saint-gaudinoise de Saint-Médard Alice Coutinho qui vient de courir le Tour de France cycliste féminin.

Ce Tour de France 2026, c’était une découverte pour la commingeoise de 26 ans, en progression continue depuis qu’elle a abordé, à 19 ans, puis intégré, ensuite, le milieu du cyclisme professionnel. Une progression qui s’est conjuguée avec les nécessaires impératifs liés à son parcours d’étudiante à l’INSA de Toulouse où elle bénéficie d’un cursus aménagé avec son statut de sportive de haut niveau. A l’issue de sa 5ème année, il lui reste à réaliser un stage de fin d’études pour être diplômée.

En 2020, elle a dû faire face à des vents contraires liés à la crise du COVID et à ses confinements. Ce fut une période délicate qu’elle a su transformer en opportunité. Pendant l’épidémie, l’absence de courses en France l’a amenée à courir jusqu’en 2025 au sein d’équipes espagnoles où elle s’est épanouie: «j’ai fait de bons résultats en Coupe d’Espagne, je grimpais bien, j’ai participé à des échappées, et on est tombé amoureux de la mentalité espagnole», précise-t-elle en parlant d’elle et de son père Philippe qui l’accompagne et l’encourage, comme toute sa famille qui baigne dans la culture du vélo et la passion du sport cycliste.

Ses performances ont alors attiré l’attention de son équipe française actuelle, Mayenne-Monbana-My Pie, qui l’a engagée fin 2025, après qu’elle se soit illustrée en Italie (8ème au Tour de Toscane en juillet 2025), et en Espagne (3ème au grand Prix d’Eibar en octobre 2025).

Alors qu’elle courait jusque là dans des équipe continentales, sans rémunération («je ne me considérais pas vraiment comme professionnelle» dit-elle), elle accède ainsi à une équipe de niveau UCI Women’s Pro Team («maintenant, je suis payée» précise-t-elle). Le cheminement d’une cycliste est un parcours de passion sacrificielle. Elle s’exclame, «c’est sûr que l’on ne fait pas ça pour l’argent».

Cette année 2026 lui permet donc de franchir un nouveau  palier, d’être présente à la Vuelta, puis au Tour de France qu’elle a abandonné à Nice, à l’aube de la 9ème et dernière étape. Elle avait terminé la veille malgré une fracture de la clavicule consécutive à une chute!…

«Cette année, au mois de mai, j’ai pris le maillot à pois (maillot du Grand prix de la montagne), sur la Vuelta et je l’ai porté pendant 2 jours, dit-elle, avant de susurrer presque pour elle seule, c’était vraiment quelque chose de fou».

Elle poursuit: «le Tour de France, c’est un tout autre niveau, pour ce qui est des filles, comme du parcours, et des médias. C’était beaucoup plus dur et éprouvant. Une belle expérience. Nous étions l’une des plus petites équipes, le petit poucet. C’était plus compliqué qu’au Tour d’Espagne pour exister. Pour moi, c’était une découverte. Avant le départ, on a un peu d’appréhension, parce qu’on ne sait pas à quoi s’attendre en termes de niveau et aussi de pression médiatique.

Une fois parti, cela se vit bien, c’est prenant, très énergivore. Il y a beaucoup de public et on n’a pas l’habitude d’avoir autant de monde au bord des routes. C’était vraiment spectaculaire. Lors du grand départ de Lausanne, il y avait un monde impressionnant durant les 10 kilomètres du départ fictif, de façon ininterrompue.

Le Ventoux, c’était une ambiance incroyable avec un public de folie, c’était dur après le Chalet Reynard, avec beaucoup de vent en haut.

Cela reste une course de vélo, un moment où l’on souffre beaucoup tous les jours, avec un niveau plus relevé que sur les autres compétitions de la saison. La fatigue s’accumule, mais on est entrainé tout au long de l’année, avec des courses à étapes. Notre corps est préparé».

Alice Coutinho poursuit son chemin et réalise ses rêves. L’enfant de Saint-Médard qui a commencé le VTT en 2013-2014 au collège Leclerc de Saint-Gaudens avec son professeur de sport Yannick Bru, a poursuivi avec le vélo de route au ST Go Cyclisme Comminges avec Jean-Louis Montané jusqu’en 2016, avant de partir à Blagnac en 2017, puis de se lancer dans le monde du cyclisme professionnel.

Depuis juin 2025, elle a mis momentanément ses études entre parenthèses (lors du premier semestre de cette année là, elle travaillait 30h par semaine lors d’un stage d’insertion en entreprise et elle faisait 20 heures d’entrainement hebdomadaire). Sa préparation améliorée, ses performances bonifiées lui ont alors permis de franchir les paliers auxquels sa double activité l’empêchait d’accéder. L’avenir lui appartient désormais. Son ambition est de continuer à progresser. Elle est titulaire d’un contrat d’un an avec Mayenne-Monbana-My Pie: «ça se passe bien avec l’équipe, j’espère pouvoir continuer avec elle l’an prochain».

Elle se rappelle: «après ma première course professionnelle, j’avais dit: je ne serai jamais pro ! C’était hyper stressant, ça frotte beaucoup dans le peloton professionnel. Je n’étais pas habituée à cela. Mais j’y suis retournée et j’ai eu de plus en plus envie d’y retourner. Le cerveau oublie vite la souffrance. L’objectif de devenir professionnelle m’est venu petit à petit, en même temps que le cyclisme féminin s’est professionnalisé».

Qu’en est-il de ses projets, après le vélo? «Je suis très prise par le vélo actuellement. A terme, j’envisage un poste d’ingénieur dans le domaine du génie civil et climatique. Ma carrière cycliste durera un temps. Je continuerai à faire du vélo parce que j’aime ça et que je ne pourrai pas m’arrêter, mais je ne pense pas travailler dans le domaine du cyclisme».

Sa trajectoire au plus haut niveau dans son sport de prédilection ne fait que commencer. Son équipe l’a recrutée car elle est «en constante progression. Elle est reconnue pour son engagement.  Sa lecture de course et son sens tactique en font un élément précieux dans les stratégies d’équipe. Elle incarne une vision du cyclisme fondée sur le travail, la patience et l’esprit d’équipe».

 

Alice Coutinho en catégorie cadets, sous les couleurs bleues et vertes de son premier club, le ST Go Cyclisme Comminges.

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