Fibre Excellence: weekend d’incertitude et d’inquiétude mêlée d’espoir

Samedi 25 juillet 2026, Saint-Gaudens, usine Fibre Excellence.

Ce lundi 27 juillet 2026, audience du tribunal de commerce de Toulouse avec pour objet le projet de reprise de Matthieu Pigasse des usines Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie  et Tarascon en Provence-Alpes Côte d’Azur, placées en redressement judiciaire depuis le mois d’avril.

Les salariés de Fibre Excellence ont adressé ce samedi 25 juillet un message au président de la République: «Lundi 27 juillet, le tribunal de commerce prendra une décision. Ce même jour une garden-party est organisée à l’Élysée.

D’un coté, des coupes de champagne, des sourires, des costumes, et des discours. De l’autre, des familles qui retiennent leur souffle, des salariés qui mobilisent avec un seul objectif: sauver leur usine, leurs emplois, et l’avenir de tout un territoire. Lundi, 2 France se feront face, celle des réceptions officielles et celle d’une occupation pour préserver l’outil de travail.

Les salariés de Fibre Excellence ne demandent ni privilèges, ni invitations. Ils demandent que leur travail, leur savoir faire, leurs filières et leur usine aient un avenir.

Monsieur le président, si vous n’agissez pas, vous porterez la responsabilité de ce qui se produira à l’issue de l’audience. Cette usine, c’est la leur. Personne ne la leur prendra».

Ce même samedi, Matthieu Pigasse, le banquier d’affaires et président de Combat Holding (qui gère des investissements dans l’industrie), s’est exprimé dans La Dépêche du Midi. Il a répondu au Ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, Roland Lescure, qui a affirmé à l’Assemblée nationale que l’offre de reprise de Combat Holding «n’est pas au niveau».

Mathieu Pigasse: «Avec les 2 régions, les syndicats et plusieurs investisseurs, nous avons bâti un nouveau plan d’affaires, un projet industriel sur 10 ans, nous avons trouvé des financements qui n’existaient pas. Notre offre a été jugée « crédible » par le cabinet Secafi, « sérieuse et aboutie » par les administrateurs judiciaires. Elle est soutenue par les collectivités, l’intersyndicale et nos partenaires financiers.

Fibre Excellence est un acteur industriel national unique qui fait vivre une filière de 10 000 emplois indirects. Le projet consiste à sortir progressivement des produits de commodité très dépendants des marchés internationaux, pour développer des produits à plus forte valeur ajoutée destinés aux marchés français et européens: papier pour les emballages alimentaires, pâte fluff destinée aux produits d’hygiène, et à plus long terme captation de C02 biogénique.

Si les profits prévus par le plan d’affaires sont réinvestis durant les 15 prochaines année, plus de 300 millions seront engagés dans l’entreprise».

Au-delà de Fibre Excellence, c’est la vie économique et sociale de tout un territoire, en Comminges et bien au-delà, qui serait gravement fragilisée: «Il y a plus de 700 emplois directs et 10 000 emplois indirects en jeu. Ce sont des sujets sérieux, a martelé Matthieu Pigasse dans la Dépêche du Midi. Notre offre prévoit la reprise de l’intégralité des salariés. Si notre projet aboutit, nous serons là dans la durée».

Ce weekend de veille est un weekend d’incertitude, d’inquiétude légitime, mais aussi d’espoir non seulement pour les salariés actuellement présents jours et nuits devant «leur usine», mais aussi pour des milliers de salariés aussi concernés avec leurs familles par les emplois induits. A ce jour, personne ne semble avoir calculé le coût financier et humain d’une éventuelle liquidation, d’une industrie sinistrée, et d’un territoire abandonné…

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