Un invité de marque était accueilli samedi soir 16 mai au Musée de peinture de Saint-Frajou, dans le cadre des Belles heures de Lecture. Alain Roquefort, auteur primé pour ses trois premiers romans, est venu présenter son nouvel ouvrage, Le Museau de la Chèvre, paru il y a tout juste deux mois aux éditions Complicités.
En préambule, Martine Gava-Macias une des responsables de l’association les Amis du Musée, a détaillé l’offre culturelle riche, accessible et exigeante à la fois, dirigée depuis une quinzaine d’années par la conseillère artistique Ksenia Milicevic. Un florilège d’artistes s’y succèdent, peintres, dessinateurs, sculpteurs, photographes, écrivains, poètes, musiciens… venus du territoire, de France ou de l’étranger. « A l’heure où le secteur artistique et culturel est fragilisé par un contexte global d’incertitude et de contrainte budgétaire, ici dans ce musée on ne baisse pas les bras. Et ce soir, place à la littérature. »
Alain Roquefort est né dans un petit village des Corbières, sur la montagne d’Alaric dans l’Aude. Ce paysage rude de garrigue, de vignes, de légendes et de mystères, a façonné et nourri son imaginaire. Si la vie l’a mené sur d’autres chemins, vers la capitale Toulousaine notamment, il n’a pas oublié sa terre natale, source d’inspiration récurrente de son écriture. Écriture à laquelle il est venu sur le tard, précise-t-il en souriant. Ce lecteur friand de littérature romantique (Hugo, Zola…) a tout naturellement, une fois à la retraite, pris la plume pour coucher sur le papier sa première histoire, Sous le velours l’épine, paru en 2014. Le roman, qui se déroule à Toulouse sous l’Occupation, a reçu le Prix spécial du Jury des Gourmets de Lettres de Toulouse, le Grand Prix Femme Actuelle à Paris par Eliette Abécassis.
Pris par la passion d’écrire, Alain Roquefort enchaîne avec Un cri dans la Nuit, histoire d’un enfant hors norme, devenu soudainement phobique après un traumatisme inconnu, l’ouvrage recevra le 1er Prix du salon de Figeac. En 2023 un troisième roman est achevé, Alexis Réalmont soldat et fantôme, prix de la Ville de Castres.
Avec le Museau de la Chèvre, l’auteur raconte la vie d’un jeune homme, Xavier, ancien soldat de la guerre d’Algérie, défiguré par ce que tout le monde pense être un accident. Ne pouvant plus supporter le regard des autres et leur rejet, il s’isole depuis 15 ans dans une bergerie sur la montagne d’Alaric, sans autre compagnie que son chien Seth et de loin en loin quelques proches. A travers ce drame où l’Histoire s’invite en fil rouge comme dans ses autres romans, Alain Roquefort s’interroge sur les rouages d’une telle décision, les contraintes et l’impact de la solitude sur l’âme et la personnalité de l’être humain, dont on sait qu’il est un animal social. La force mentale du personnage le retiendra-t-elle au bord du précipice… Une rencontre inattendue va changer sa vie.
A travers chacun de ses livres, l’auteur se passionne pour les recherches historiques nécessaire à l’élaboration de ses récits, qui lui prennent beaucoup de temps et d’investissement certes mais qui sont extraordinairement enrichissantes.
La magnifique préface de Magyd Cherfi, artiste toulousain solaire et humaniste, a été lu devant l’auditoire. Un extrait : « Alain Roquefort appartient à cette plume qui débroussaille les chemins de traverse, qui ouvre ou rouvre des voies oubliées […]. Il raconte l’histoire d’un homme qui, comme sa terre, désespère d’attendre que ses semblables le reconnaissent utile, indispensable à la survie du genre qui est le nôtre. »
Des phrases profondes pour un roman profond et prenant, dont l’écho se répercutera dans l’esprit du lecteur pour longtemps, l’amenant aux confins de l’intime et de la rédemption.








