«Il y a une déferlante de suppressions de postes sur le Comminges qu’on ne peut pas accepter» déclare ce vendredi 10 avril 2026 le député Joël Aviragnet en évoquant la situation des écoles dans le sud de la Haute-Garonne.
Dix classes sont concernées à Aspet, Aurignac, Fos, Huos, Le Fousseret, Mancioux, Montréjeau, Pointis-Inard, Saint-Martory, Valentine ; deux ouvertures sont envisagées à Montréjeau et Lafitte-Vigourdane.
Le député du Comminges et du Savès conteste la méthode du directeur d’Académie qui «réagit comme un comptable. Il considère le nombre d’élèves dans la classe, sauf que la norme (entre 24 et 28 enfants par classe) édictée par l’administration centrale n’est pas toujours applicable. Ce n’est pas la même situation avec une école maternelle, ou avec une classe unique dans un village, etc, etc… Il ne veut pas l’entendre. Sauf que pour nous, c’est notre réalité. Localement, on ne peut pas prendre partout les mêmes mesures».
Il précise: «quand il y a une baisse conséquente de l’effectif, nous ne sommes pas contre, nous ne demandons pas l’impossible. Mais quand il y a une baisse du nombre d’élèves une année, on ne peut pas supprimer un poste de manière sèche et définitive sans examiner le contexte. Il faut regarder si, dans les années à venir, il y a des naissances et des élèves qui vont arriver».
Joël Aviragnet fournit aussi un élément qui contribue à la compréhension de la situation: «Le directeur d’Académie m’a expliqué qu’il y avait besoin de constituer des brigades de remplaçants, certainement sur Toulouse, et que des postes seraient récupérés sur le sud du département».
Le député poursuit: «la question qui anime l’Éducation Nationale, c’est celle des remplacements. Avec une seule classe dans un village, si l’instituteur est malade, il faut le remplacer. S’il y a une école avec 6 classes, les élèves sont répartis dans les autres classes. On nous explique donc que c’est mieux d’avoir des écoles de territoire avec au minimum 6 classes. Cela signifie que l’on sort les écoles des villages. Or, une école dans un village, c’est la vie du village. On ne peut pas être d’accord avec un regroupement de classes en un seul lieu. On peut très bien avoir des regroupements pédagogiques intercommunaux (comme c’est le cas avec Ardiège, Cier de Rivière, Huos et Martres de Rivière) en laissant une école dans chaque village. Nous sommes des élus, pour défendre nos villages, la vie dans les villages et la vie des habitants».
Le président de la communauté de communes Alain Puente appuie: «Il ne faut pas nous annoncer un couperet comme cela se fait chaque année, à la même période. Nous avons besoin d’une relation de confiance. Il faut maintenir les postes, et alors, dans la coordination et la coopération, les élus voudront bien aller sur un travail de fond pour voir comment on peut faire. Mais on ne peut pas nous imposer les choses par un ukase dont nous ne voulons plus. Il nous faut du temps, pour travailler solidairement et collectivement avec les enseignants et les élus. Quand je parle de service public de l’Éducation Nationale, c’est parce qu’il faut prendre en compte non seulement l’enseignement, mais aussi tous les a-cotés que les communes et les intercommunalités prennent en charge avec du personnel et des locaux». Il prend l’exemple ébauché avec le TER (Territoire Éducatif Rural) autour de Saint-Béat dont le fonctionnement pourrait être étendu à l’ensemble de la communauté de communes.
«Il va falloir que l’on se batte pour faire bouger les positions de l’administration, conclut Joël Aviragnet. Il faut que soit bien comprise la détermination des élus et des gens du terrain à ne pas se laisser faire. Le rôle du ministre et du gouvernement, c’est d’adapter la loi aux particularités locales». Joël Aviragnet va demander un entretien au ministre de l’Éducation Nationale. Il envisage d’être accompagné par des représentants de parents et d’élus qui le souhaiteraient.
Jeudi 16 avril à 17h30, rassemblement annoncé des maires, des élus, des représentants des syndicats et des parents devant la sous-préfecture de Saint-Gaudens.



