Une grande tristesse traverse le Volvestre : Patrick Lemasle s’est éteint après un long combat contre la maladie. Avec lui, c’est une page de notre territoire qui se tourne, celle d’une génération d’élus pour qui la politique n’était ni une posture ni une carrière, mais une responsabilité assumée, au plus près des habitants.
Patrick Lemasle était une figure du Volvestre, au sens plein du terme : connu, reconnu, parfois discuté — comme le sont les hommes de conviction — mais toujours identifié à une terre, à ses communes, à ses campagnes et à celles et ceux qui y vivent et y travaillent. Exploitant agricole, il portait en lui cette culture du réel et du travail, et c’est aussi ce qui a façonné son engagement. En 1987, aux côtés de José Bové, il participe à la création de la Confédération paysanne, marquant d’emblée une fidélité indéfectible à l’agriculture, à la ruralité, et à une certaine idée de la justice sociale.
Son parcours politique, exceptionnel et singulier, tient aussi à un alignement de circonstances et de rencontres qui, à un moment, a ouvert une voie — mais une voie qu’il a ensuite tenue par l’effort, la constance et l’endurance. Remplaçant de Lionel Jospin en 1995, il devient ensuite député de la 7e circonscription de Haute-Garonne de 1997 à 2017. Vingt ans à porter, à Paris, la voix d’un territoire rural souvent éloigné des projecteurs, avec cette conviction que la République doit être la même partout : dans les villes comme dans les bourgs, dans les métropoles comme dans les vallées.
Mais Patrick Lemasle, avant tout, était un élu de terrain. Maire de Montesquieu-Volvestre dès 1990, conseiller général du canton de Montesquieu-Volvestre de 1991 à 2015, puis président de la Communauté de communes du Volvestre de 2013 à 2017, il connaissait les dossiers, les contraintes, les urgences du quotidien : routes, écoles, services publics, solidarité, vie associative, équilibre entre développement et préservation du cadre de vie. Il savait ce que “tenir une commune” veut dire, et ce que “tenir un territoire” exige.
Il avait du caractère — celui qu’il faut lorsqu’on est aux responsabilités, lorsqu’il faut arbitrer, résister, décider. Mais ceux qui l’ont côtoyé savent aussi qu’il aimait la convivialité, les échanges simples, le contact direct, la chaleur d’un moment partagé. Cette dimension humaine comptait chez lui : la politique avait un visage, et ce visage était celui des gens.
Aujourd’hui, le Volvestre perd l’un de ses repères, et la gauche haut-garonnaise un serviteur fidèle, attaché aux valeurs républicaines, aux services publics, à l’équilibre des territoires et à la dignité du monde rural. Dans cette peine, les pensées vont à son épouse Evelyne, à ses enfants, à sa famille, à ses proches, ainsi qu’à toutes celles et ceux qui ont travaillé avec lui, l’ont accompagné, parfois combattu, mais toujours respecté.
Que demeure de Patrick Lemasle ? L’image d’un homme enraciné, d’un élu constant, et d’une conviction simple : la politique n’a de sens que si elle est au service des autres. Sa mémoire restera liée à ce Volvestre qu’il a tant défendu et qu’il n’a jamais cessé d’aimer.



