Dans le cadre de la Journée internationale des Droits des femmes, le Musée de l’Aurignacien a proposé au public du Café-Préhistoire une conférence idoine, vendredi 6 mars. Josabeth Millereux, archéologue, Conservateur en chef du patrimoine et directrice du musée de Saint-Bertrand de Comminges, a mené de main de maître sa conférence intitulée La femme en gaule, pour une archéologie des femmes.
Documents écrits, iconographiques et archéologiques à l’appui, issus de différents musées, la conférencière a redessiné pour l’assistance la place des femmes gallo-romaine dans la société antique, abordant de nombreux thèmes : l’archéologie funéraire, la représentation statuaire, les aspects de la vie quotidienne…
La société gallo-romaine considérait les femmes comme des êtres faibles et leur accordaient des droits certes, mais limités. Elles bénéficiaient de statuts divers, elles étaient prépondérantes dans la famille en tant que mères (mariées ou divorcées), épouses, filles, veuves, nourrices, elles pouvaient être libres ou esclaves. Parfois même, elles étaient évergètes, c’est-à-dire notables fortunés finançant sur leurs deniers les dépenses publiques.
Elles avaient le droit de se marier, divorcer, recevoir un héritage, conserver sa dot, disposer de son patrimoine. Certaines géraient seules leurs affaires et dirigeaient une entreprise ou une exploitation agricole. La politique leur était interdite car elles ne pouvaient exercer de fonctions officielles.
Largement représentée par la sculpture et la gravure de fresques et bas-reliefs, la femme gallo-romaine est dépeinte dans son quotidien, le bain, le maquillage, coiffures, bijoux et parures, vêtements, tâches familiales, les loisirs… Elle pratiquaient divers métiers -libres ou esclaves-, danseuses, porteuses d’eau, tisserandes, médecins, comptables…Dans la vie mais aussi dans le trépas, avec la représentation des rites funéraires. Et pour finir, quelques dames connues de cette époque :
- Pauline, épouse de Sénèque, précepteur de l’empereur Néron. Sénèque contraint au suicide par Néron, Pauline décida de le suivre dans la mort ;
- Blandine, jeune esclave chrétienne martyrisée à Lyon en 177 ;
- Eponine, épouse d’un chevalier qui partit combattre lors de la révolte contre Rome, elle se retira dans une grotte pendant 9 ans.
La conférence fut suivie, comme à l’accoutumée lors des séances du Café Préhistoire, d’un temps d’échanges et de convivialité avec la conférencière pour prolonger cette passionnante causerie.








