Saint-Gaudens: Agriculteurs et maires reçus en entretien par le sous-préfet

Mardi 27 janvier 2026 (de g. à dr.), Pierre Boué, Pascal Penetro, Eric Barbé, Alban Dubois, Romain Brune, à la sortie de leur entretien avec le sous-préfet de Saint-Gaudens Gilles Pellegrin.

Les agriculteurs avec les maires du Comminges et du piémont pyrénéen alentour s’étaient donnés rendez-vous ce mardi matin, 27 janvier 2026, pour rencontrer le sous-préfet de Saint-Gaudens.

Le représentant de l’État a reçu pendant 1h30 une délégation composée de trois élus et quatre agriculteurs: Jean-Benoit Abadie (maire de Cazaunous, 64 habitants), Pascal Penetro (maire de Fos, 248 habitants), Alban Dubois (maire de Melles, 94 habitants), et les agriculteurs Eric Barbé (Ausson), Romain Brune (Franquevielle), Aurélie Fontan (Lannemezan) et Pierre Boué (Juzet d’Izaut) dont l’élevage a été euthanasié pour cause de dermatose nodulaire bovine.

A l’ordre du jour, des sujets ultra sensibles en quête de solutions pour le moment hors de tout horizon: la commercialisation des bovins à l’export, en berne depuis le mois de décembre; l’organisation des estives l’été prochain; les  reports de charges MSA; la demande de prêts à taux zéro pour pallier aux défauts de trésorerie, la Région s’est portée garante, les délégués ont sollicité l’appui du préfet auprès des banques.  Autant de sujets d’inquiétude, voire d’angoisse, pour lesquels l’absence de réponses rend la situation encore plus délicate.

Ils ont aussi demandé un geste de l’État en faveur des agriculteurs  déjà en difficulté financière, et qui ont fait l’objet d’une amende de 650 € lors de manifestations précédentes. Une demande d’agriculteurs commingeois et haut-pyrénéens qui s’interdisent par principe les détériorations et destructions lors de leurs manifestations.

Le sous-préfet s’est engagé à communiquer aux délégués les informations dont il aura connaissance. «Pour l’instant nous sommes devant une porte fermée qui ne veut pas s’ouvrir, illustre un délégué. Le gros problème actuel est le manque de communication de l’État, de la Chambre d’agriculture qui fait ce qu’elle peut, et des élus. Ainsi, nos bêtes qui sont vaccinées, on ne sait pas si on va pouvoir les exporter en Espagne, en Italie, et à quel prix, et même si on va pouvoir sortir de la zone vaccinale».

Aujourd’hui, la situation des petites et moyennes exploitations agricoles ressemble étrangement à celle des mines de charbon il y a 50 ans. Après avoir été le moteur du redressement économique du pays après la seconde guerre mondiale, elles ont été abandonnées car leur exploitation était devenue financièrement déficitaire.

L’agriculture et l’élevage constituent l’identité du piémont pyrénéen et de ses communes, des marqueurs de ces territoires dont ils en sculptent les paysages qu’ils font vivre. Que deviendront-ils sans la solidarité première de tous les élus du terroir, au sein d’un pays sur la voie d’un abandon, celui de ses souverainetés, notamment alimentaires, livrées à la broyeuse libre-échangiste d’un mondialisme débridé?

Ce mardi 27 janvier 2026, ils étaient 15 élus présents, maires de (très) petits villages du Comminges, de la Barousse, et des Hautes-Pyrénées, à exprimer leur soutien en suspendant leur écharpe tricolore aux grilles de la sous-préfecture. Quinze.

 

Mardi 27 janvier 2026, 15 écharpes tricolores d’élu(e)s suspendues aux grilles de la sous-préfecture de Saint-Gaudens.

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