Mardi 6 janvier 2026, c’était le vingt-sixième jour de mobilisation pour les agriculteurs commingeois du rond point du Bazert, installés depuis ce dimanche 4 janvier sur le rond point de Fos, à proximité de la frontière espagnole.
Outre l’actualité prégnante qui les a lancés dans l’action, à savoir les protocoles liés au traitement de la dermatose nodulaire bovine et la signature possible d’un accord de libre-échange entre le Marché commun du Sud (Mercosur) et l’Union européenne, la différence de compétitivité qui régit les échanges agricoles entre les pays d’Europe, dont l’Espagne, est un sujet majeur.
C’est aussi sur ce dernier point que les agriculteurs commingeois s’élevaient en bloquant les camions qui circulent entre la France et l’Espagne. Un point de friction entre les organisateurs et la préfecture, représentée sur site par les forces de l’ordre.
Ce mardi 6 janvier, comme la veille, les agriculteurs sous la menace d’une intervention massive de la gendarmerie, ont bloqué la circulation des automobiles en fin de matinée, vers 10h45. En effet, une douzaine de fourgons de gendarmerie et deux blindés Centaure étaient à nouveau stationnés sur l’aire de Fronsac, à 13 kilomètres de là.
Cette présence crispait l’atmosphère, sans altérer outre mesure la qualité des relations avec les forces de l’ordre présentes sur le rond point. Il est vrai que les gendarmes locaux (saint-gaudinois et luchonnais) et les agriculteurs se retrouvaient en bonne intelligence sur les terrains de l’empathie et de la compréhension. Le comportement des agriculteurs commingeois qui ont banni toute forme de dégradation de l’environnement et de destruction du bien public a contribué à l’équanimité des relations.
Comme lundi, après négociation entre agriculteurs et gendarmes, la circulation des véhicules légers a été rétablie aux alentours de midi, mais les camions devaient faire demi-tour, sans manifestation autre que des gestes de soutien de la part de certains chauffeurs.
La situation semblait stabilisée, quand à la tombée de la nuit, vers 17h30, la gendarmerie mobile est intervenue. Le climat a changé avec les nouveaux venus. La confrontation a été très mal vécue par les agriculteurs, avec des forces de l’ordre en surnombre par rapport aux manifestants contraints de reculer. La gendarmerie a positionné les blindés Centaure face aux tracteurs qui obstruaient le rond point. Vers 19h00, les agriculteurs se sont repliés, levant sans violences le blocage des camions et le barrage filtrant des automobiles.
L’état d’esprit sur zone était le suivant : Dresser ainsi les uns contre les autres ceux qui protègent les citoyens contre ceux qui les nourrissent, les forces républicaines contre des forces vives du pays, interroge. Les agriculteurs commingeois sont remarquables avec l’esprit de responsabilité qui les anime, respectueux de leurs interlocuteurs et de l’environnement (pas de fumier, de lisier, de pneus, nettoyage des lieux occupés comme le rond point du Bazert lors de leur départ en fin de semaine dernière), tout cela interroge légitimement en l’absence d’autres réponses que l’envoi des gendarmes.
Le premier ministre annonce des mesures concrètes pour vendredi 9 janvier. Dans l’intérêt de tout le pays, elles devront être significatives pour répondre à la détresse croissante du monde agricole. Attention à conforter nos paysans et à ne pas les désespérer.












