Les banderoles suspendues aux grilles du collège exprimaient les revendications des manifestants rassemblés jeudi matin 24 septembre devant l’entrée. Davantage d’AESH pour s’occuper des enfants en situation de handicap. Coup de projecteur sur une situation de crise.
Quels sont les besoins du collège ?
« 25 élèves sont actuellement en besoins spécifiques, souligne un professeur, répartis dans les divers niveaux et dans la nouvelle classe ULIS (unité localisée pour l’inclusion scolaire) créée l’an dernier. Ils nécessitant 250 heures d’encadrement. Avec seulement 3 postes et demi d’AESH, à peine 108 heures sont couvertes. Ce n’est plus gérable. Des postes supplémentaires -au moins quatre- sont indispensables pour assumer la charge de travail.»
Quid de l’école inclusive ?
« Ne pas mettre les moyens suffisants pour encadrer nos élèves en situation de handicap c’est nier la volonté affichée de l’Éducation Nationale de faire de l’école un lieu d’inclusion. Tout en étant conscients des contraintes budgétaires, on peut se demander si l’inclusion n’est pas qu’un discours politique. » Une centaine de postes AESH ont été créés sur le département, mais selon les manifestants, ce n’est pas suffisant. « La répartition de ces personnels sur les établissements en Haute-Garonne n’est pas équitable, certains sont mieux pourvus que d’autres. Les enseignants suppléent au mieux, mais cela empiète sur le temps de classe au détriment des autres élèves, et complique leur mission.
Corine Blondet, coordonnatrice ULIS au collège, abonde : « Je suis déçue par rapport à ce que l’on nous « vend » sur la politique d’inclusion, on ne nous donne pas les moyens de la mettre en place réellement. Un exemple : un enfant atteint de troubles importants, nécessite 17h d’accompagnement par semaine mais il ne peut en avoir que 3, c’est intolérable. »
Peut-on dire que c’est une situation de souffrance collective ?
« Tout à fait, confirme un AESH en poste depuis 11 ans au collège, nous ne travaillons pas dans la sérénité car il est impossible d’encadrer correctement ces enfants. Aucune autre structure ne pouvant les recevoir, le collège se doit de répondre à leurs besoins. Nos conditions de travail dégradées génèrent de la souffrance, à la fois pour nous qui ne pouvons faire plus, pour les enfants souvent en états de stress et en risque de décrochage, pour les enseignants avec un surcroit de charge. Les parents constatent que leurs enfants ne sont pas aussi bien traités qu’ils devraient l’être, malgré tous nos efforts. »
Une maman également professeur au collège, porte un double regard sur le problème : « Teddy a par chance un AESH dédié car il est atteint d’un handicap moteur, mais pourquoi pas les autres dans le même cas ? Ces enfants ont des droits et ils sont bafoués. »
Quels sont les prochains recours ?
« Nous attendons en premier lieu un rendez-vous avec le Rectorat, qui ne nous a toujours pas répondu depuis plus d’un mois que nous le sollicitons, souligne Mme Blondet. Ensuite nous verrons la conduite à tenir en fonction des réponses qui nous seront apportées. Nous activerons d’autres leviers, pour faire respecter la loi et obtenir satisfaction. » Une grève est potentiellement envisageable selon les manifestants, sans réponse d’ici le mois d’octobre.
Le point de vue des élus
Alain Boubée maire de Boulogne, accompagné du maire-adjoint Yves Bon, et la conseillère aux affaires scolaires Myriam Dutrey, renchérissent de concert : « Nous soutenons la démarche du personnel, confronté à une situation compliquée qui affecte le travail et la qualité de vie au collège. L’ouverture du dispositif Ulis est une réelle opportunité, permettant aux enfants concernés une continuité entre l’élémentaire et le collège. Mais pour eux comme pour les autres élèves en situation de handicap, il reste à y mettre de réels moyens, qui sont aujourd’hui malheureusement absents. »
Affaire à suivre.




