A quelques jours de la rentrée scolaire, encore des milliers d’enfants en situation de handicap restent en attente d’une réponse éducative adaptée
L’Unapei présente la nouvelle édition de sa campagne « #JaiPasEcole, mais tout peut changer » parce que le temps de l’enfance n’attend pas
Sur marentree.org, des familles racontent leur quotidien et les difficultés rencontrées pour permettre à leur enfant d’accéder à une réponse adaptée à ses besoins. Leurs témoignages dessinent une même réalité : celle d’enfants qui ne bénéficient pas de l’accompagnement dont ils ont besoin, quel que soit leur lieu de scolarisation. Pour objectiver ce constat, l’Unapei a reconduit son étude de l’année passée auprès de 38 associations de son réseau qui suivent près de 5 000 enfants au sein de leurs établissements médico-sociaux ou en lien avec l’Education nationale.
Un échantillon qui permet d’illustrer la situation nationale vécue par des milliers de familles. Les résultats montrent que des avancées sont possibles, mais qu’elles restent largement insuffisantes. L’association décrypte les évolutions observées, les difficultés persistantes et les conditions nécessaires pour que la promesse portée cette année par la campagne « #JaiPasEcole, mais tout peut changer » devienne une réalité pour tous les enfants.
Aujourd’hui, la réalité des familles évolue beaucoup trop lentement
- Deux tiers des associations interrogées (67%) estiment que la situation est restée inchangée entre 2025 et 2026.
- Seules 19% constatent une amélioration,
tandis que 14% observent une dégradation
Cette stagnation se retrouve dans les parcours de scolarisation :
- 76% des enfants accompagnés sont scolarisés moins de douze heures par semaine.
Seuls 24% bénéficient d’un temps de scolarisation supérieur à douze heures hebdomadaires
« Derrière les chiffres, il y a une idée simple : il ne suffit pas d’être inscrit à l’école pour que le droit à l’éducation soit respecté. Certains enfants n’ont accès qu’à quelques heures de scolarisation alors qu’ils pourraient suivre davantage d’enseignements. D’autres restent dans un parcours qui ne correspond pas à leurs besoins alors qu’ils devraient bénéficier d’un accompagnement médico-social plus soutenu. Notre objectif n’est pas de défendre un modèle unique. Il est de garantir à chaque enfant la réponse la plus adaptée à ses besoins. Aujourd’hui, nous en sommes encore loin. » explique Luc Gateau, président de l’Unapei.
Pour que « tout puisse changer » L’Unapei appelle notamment les pouvoirs publics à :
Assurer des interventions précoces dès la petite enfance : les premières années de développement conditionnent l’ensemble du parcours de l’enfant. Plus la réponse adaptée arrive tôt, plus sont préservées ses capacités d’apprendre, de développer son autonomie et de bâtir un projet de vie à part entière.
Construire une école réellement accessible : Une école accessible, ce n’est pas seulement ouvrir les portes de l’établissement. C’est permettre à chaque enfant d’accéder aux apprentissages grâce à un environnement adapté : bâtiments, transports, pédagogie, accompagnements et coopération entre les professionnels.
Garantir un soutien médico-social incontournable : Le médico-social n’est pas une solution de dernier recours. Il constitue un appui indispensable à la réussite des parcours, en complément de l’Éducation nationale, pour répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant.
Construire un parcours sans rupture jusqu’à l’âge adulte : Aucun enfant ne devrait voir son parcours remis en question à chaque changement d’âge, d’établissement ou de dispositif. Les accompagnements doivent être continus, coordonnés et évoluer avec les besoins de l’enfant.
Des coopérations organisées pour des parcours sans rupture, de la petite enfance jusqu’à 25 ans : l’école inclusive s’envisage dans une continuité. De l’intervention précoce jusqu’à la transition vers l’âge adulte. Chaque étape compte. La coopération entre tous les acteurs (enseignants, familles, acteurs du secteur médico-social, collectivités…) doit être facilitée pour qu’elle soit réelle et durable.
Ces enfants sont des élèves à part entière, avec des besoins réels et un avenir qui ne peut être laissé au hasard. Cet avenir ne peut pas reposer sur des bases précaires.
L’Unapei demande pour eux une reconnaissance concrète : des fondations solides et des réponses durables. Les solutions qui font leurs preuves doivent être généralisées et sortir définitivement du cadre expérimental.







