Grégory Chanfreau à la redécouverte des temps protohistoriques et antiques en Comminges

Grégory Chanfreau, auteur du guide «Terrae Convenarum» et autres ouvrages sur le Comminges protohistorique, gaulois et gallo-romain.

La passion du territoire natal et l’obsession de son histoire archéologique ne cessent de propulser le commingeois Grégory Chanfreau dans une quête sans fin, mais non sans objets, d’un passé enfoui dans l’humus des siècles.

Des années de recherches poursuivies par Grégory Chanfreau depuis une enfance alors sidérée par la méconnaissance et l’ignorance des adultes sur le monde protohistorique du Comminges. Son instituteur n’avait pas de réponse à ses questions… Il s’est lancé depuis lors dans une quête éperdue des indices matériels disséminés dans la nature, et à la recherche des étymologies souterraines qui structurent encore nos noms de lieux, de villages, et souvent nos mots de tous les jours.

«J’ai commencé par m’intéresser aux religions de ces périodes là, en Europe occidentale. Elles sont quasiment toutes identiques, observe Grégory Chanfreau. Révélé par les autels votifs qui subsistent, nous avons aussi un panthéon immense dans le Comminges. Il s’est assimilé par la suite à celui de Rome, les locaux s’appropriant le mode de vie romain, à l’image de Leherenn assimilé au dieu Mars et à Jupiter. Il y en a plein d’autres!».

On peut s’en faire une idée avec la lecture de son dernier ouvrage, «Terrae Convenarum» («En Terre Convène», du nom de la tribu installée à l’époque sur le territoire commingeois actuel), un étonnant guide qui révèle les racines «persistantes» protobasques, ibères, gauloises, gallo-romaines de certains noms de localités, et aussi les vestiges de multiples monuments protohistoriques et antiques que recèlent nombre de villages dans ce piémont des Pyrénées centrales. Des vestiges «que l’on doit surtout au marbre de Saint-Béat, même si on peut retrouver des présentations sur des galets de Garonne, sur de la pierre grossière…».

Le parcours de Grégory Chanfreau s’inscrit dans le sillage et la continuité d’anciens chercheurs «aujourd’hui disparus, précise-t-il, tels que Raymond Lizop, Castillon d’Aspet, Julien Sacaze fondateur de la Société des études du Comminges, des maitres d’écoles, et des curés qui ont commencé les premières fouilles».

Un travail monumental de fourmi, de recherche et de défrichage, passionné et passionnant, est poursuivi par Grégory Chanfreau en sillonnant le Comminges, ses villages, ses champs, ses forêts, à la découverte d’une réalité intemporelle à partager, toujours présente dans notre culture. Jusqu’à s’aventurer dans les arcanes de la guerre des Gaules avec Abelion, un jeune celte de la tribu des Convènes, dans les deux premiers tome de «Le silence des Carnyx» (le troisième est en cours d’écriture). Grégory Chanfreau a même permis au mythique chef vaincu par César de s’exprimer dans «Entretien avec Vercingétorix».

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