Audience du tribunal de commerce de Toulouse ce lundi 27 juillet 2026 dont l’issue était très attendue par les salariés de Fibre Excellence rassemblés devant l’usine de Saint-Gaudens où ils se réunissent depuis le 21 juillet, «le premier jour de mise sous protection» de l’usine par les salariés.
Le tribunal de commerce de Toulouse examinait les offres de reprise pour le groupe Fibre Excellence. Une audience qui fera l’objet d’un délibéré annoncé pour ce mercredi 29 juillet.
Vers 10h30, Sébastien Oustric, représentant CGT de l’usine, et Pauline Salingue, membre de l’UD CGT 31, ont communiqué par visioconférence depuis Toulouse le résultat de l’audience aux salariés regroupés devant l’usine.
L’offre de reprise du banquier d’affaires Mathieu Pigasse n’a pas été retenue.
Sébastien Oustric et Pauline Salingue ont annoncé aux salariés la liquidation de l’usine de Tarascon. L’usine de Saint-Gaudens et deux filiales SEBSO (Sté Exploitation des Bois du Sud-ouest) et enviroFORESTERIE (conseil en gestion forestière) bénéficient d’un délai supplémentaire jusqu’à la fin du mois d’août.
En effet, un industriel anonyme a produit une lettre d’intention de reprise pour Saint-Gaudens. Le tribunal a accordé un délai de 48h à ce repreneur de dernière minute pour verser le montant de 2 M€ sur lequel il s’est engagé. Un délai lui a été aussi octroyé jusqu’à la fin du mois d’août pour lui permettre de préciser son projet. Un sursis qui entretient l’espoir.
«Aujourd’hui, apprendre que la liquidation de l’usine de Tarascon sera prononcée engendre une forte déception, un sentiment mélangé avec l’idée qu’il y a encore la possibilité, celle de conserver de l’emploi à Saint-Gaudens, a déclaré Cédric Caubère secrétaire CGT UD 31 présent aux cotés des salariés à Saint-Gaudens. Il va falloir continuer à se battre. Un délai supplémentaire accordé jusqu’à fin août signifie que l’on ne va rien lâcher jusqu’à fin août. C’est une période durant laquelle il va falloir être le plus attentif possible».
Pauline Salingue a renouvelé auprès des salariés la consigne de «ne laisser rentrer personne dans l’usine en raison de possibles velléités de visites pour voir ce qu’il y a à prendre».
«C’est un coup sans précédent porté par l’État français à la filière bois-papier et contre l’emploi industriel à un moment où le président de la République clame partout faire de la reprise industrielle son cheval de bataille, a signifié Cédric Caubère.
Aujourd’hui, on peut observer qu’Emmanuel Macron et le gouvernement n’ont absolument rien fait depuis 6 mois. C’est un abandon total de l’État sur l’emploi et sur la souveraineté industrielle bois-papier. Nous avons un État qui livre la France et l’Europe aux intérêts du groupe industriel indonésien Asia Pulp et Paper (APP), l’ancien propriétaire. C’est absolument incompréhensible.
Dans ce dossier, il ne se passe rien sans que les salariés ne se mobilisent, avec les organisations syndicales unies et les collectivités territoriales y compris les Régions, pour trouver des repreneurs. C’est un travail commun pour localiser des industriels potentiellement intéressés.
On a trouvé un investisseur, ça n’a pas marché. On a trouvé un industriel, cela va peut-être marcher en partie puisqu’on parle d’une reprise partielle».
Une lettre d’intention, ce n’est pas encore une offre de reprise que l’industriel va devoir développer et présenter avant la prochaine audience du tribunal de commerce, à la fin du mois d’août.







