La Coordination Rurale de la Haute-Garonne exprime sa profonde incompréhension après avoir pris connaissance du soutien affiché par les Jeunes Agriculteurs à une future adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne.Alors que les agriculteurs français traversent une crise économique sans précédent, peinent à vivre de leur travail et subissent une concurrence toujours plus déloyale, comment un syndicat agricole français peut-il soutenir l’intégration d’une puissance agricole de cette ampleur au sein du marché européen ?Depuis 2022, les importations agricoles ukrainiennes ont bénéficié de mesures exceptionnelles de libéralisation commerciale permettant l’entrée de nombreux produits sans droits de douane ni quotas. Cette situation a provoqué de fortes tensions sur plusieurs marchés agricoles européens, notamment les céréales, le sucre, les œufs, la volaille ou encore le maïs, au point que la Commission européenne a dû réintroduire des mécanismes de sauvegarde et certaines limitations face aux perturbations constatées sur les marchés européens.
Les organisations agricoles de plusieurs États membres dénoncent depuis plusieurs années les conséquences de ces importations massives sur les prix agricoles et la compétitivité des exploitations européennes. En juin 2025, l’Union européenne a même rétabli certaines limitations sur les importations de blé et d’orge ukrainiens après les alertes répétées des producteurs européens concernant les déséquilibres de marché.
Au-delà des volumes produits, c’est également la question des conditions de production qui interpelle. L’Ukraine dispose de très grandes exploitations agricoles, parfois de
plusieurs dizaines de milliers d’hectares, avec des coûts de production et des contraintes réglementaires qui ne sont pas comparables à ceux imposés aux agriculteurs français.
Pendant que nos exploitations doivent répondre à des exigences environnementales, sociales, sanitaires et administratives toujours plus nombreuses, Bruxelles envisage d’ouvrir davantage encore son marché à une agriculture dont les standards ne sont pas encore pleinement alignés sur ceux de l’Union européenne. Cette perspective suscite de légitimes inquiétudes pour l’avenir de nombreuses filières françaises.La Coordination Rurale de la Haute-Garonne rappelle qu’avant toute nouvelle extension de l’Union européenne, la priorité doit être la défense de la souveraineté alimentaire française, la garantie d’un revenu digne pour les agriculteurs et l’application stricte du principe de réciprocité des normes.
Nous soutenons le peuple ukrainien dans les épreuves qu’il traverse. Mais soutenir un pays ne signifie pas sacrifier les agriculteurs français.À l’heure où nos exploitations disparaissent les unes après les autres, où les revenus agricoles s’effondrent et où la compétitivité de nos filières est déjà fragilisée, il nous paraît irresponsable de soutenir l’entrée dans l’Union européenne d’une des plus grandes puissances agricoles mondiales sans garanties solides pour les producteurs français.La Coordination Rurale 31 demande que les intérêts des agriculteurs français soient enfin placés au cœur des décisions européennes.
Le bon sens paysan doit reprendre sa place dans les choix politiques qui engagent l’avenir de notre agriculture.






