Un Petit Train de Réflexions…Sur l’état de Luchon et l’ambiance autour de l’élection municipale, par Jean-Christophe Gimenez.

Le Petit Train de Luchon

Communiqué de presse :

Une ville peut survivre à un débat politique. Elle ne survit pas à des finances fragilisées.

À Luchon, la campagne municipale s’intensifie. Les promesses aussi. Mais une question reste soigneusement évitée : l’état réel des finances de la commune.

LUCHON 2026 : LE MOMENT DE VÉRITÉ

C’est désormais acté : trois listes seront en lice pour les municipales de 2026 à Luchon. Dans une ville de 2 000 habitants, certains parleront de vitalité démocratique. Peut-être.

Mais pour l’instant, ce que l’on voit surtout, c’est une campagne au ras des pâquerettes : attaques personnelles, petites phrases, procès d’intention. Beaucoup de bruit. Très peu de vision. Et pendant ce temps, l’essentiel est soigneusement évité.

Car la réalité est simple : les finances de la commune sont aujourd’hui extrêmement contraintes. Les marges de manœuvre sont faibles et chacun le sait. Dans ces conditions, promettre toujours plus devient un exercice dangereux.

Parce qu’à la fin, c’est toujours la réalité qui rattrape les promesses.

À mesure que la campagne avance, les annonces se multiplient. Certaines sont séduisantes, d’autres plus difficiles à concrétiser. Mais il est utile de rappeler une évidence : gouverner une ville ne consiste ni à agiter les peurs ni à occuper l’espace des réseaux sociaux.

Gouverner, c’est travailler les dossiers, prendre des décisions, les assumer et construire dans la durée. Gouverner, c’est surtout rassembler pour défendre non pas des intérêts particuliers, mais l’intérêt général de Luchon.

En 2020, les Luchonnais nous ont élus dès le premier tour parmi cinq listes en présence. L’espoir était immense. Trois ans plus tard, l’équipe s’est fracturée jusqu’à provoquer une démission collective et de nouvelles élections en 2023.

Parce que j’ai refusé de me taire sur certaines orientations, certains m’ont qualifié de traître. Je n’ai pourtant trahi personne. Je suis resté fidèle au programme pour lequel les électeurs nous avaient fait confiance. Trahir, ce n’est pas dénoncer des dérives. Trahir, c’est renoncer à l’intérêt général.

Aujourd’hui, ce qui frappe surtout, c’est le décalage entre le récit politique et la réalité des réalisations. Car soyons honnêtes.

Les grands projets dont on se félicite souvent n’ont pas été financés directement par la commune.

  • L’ascenseur valléen a été financé par le Département.
  • Le retour du train a été financé par la Région.
  • La rénovation des thermes a été financée par la Région.
  • La maison de santé a été financée par la Communauté de communes.

Et il faut rappeler une chose importante : ces investissements étaient déjà engagés bien avant notre arrivée aux responsabilités en 2020. Tant mieux d’ailleurs. Ces projets sont essentiels pour l’avenir de notre territoire.

Mais il faut aussi regarder lucidement ce que la commune a réellement porté. Sur ce point, le décalage entre certaines annonces et les réalisations reste un sujet de débat.

La prochaine municipalité devra gouverner dans un contexte budgétaire contraint.

  • Moins d’effets d’annonce.
  • Moins de communication pure.
  • Plus de transparence.

Au sein des trois listes en présence, beaucoup de femmes et d’hommes sont sincèrement engagés pour l’avenir de Luchon.

Mais une chose est certaine : la méthode devra évoluer.

La future équipe devra travailler avec son opposition, redevenir un moteur au sein de la Communauté de communes et coopérer davantage avec les villages de la vallée. Seuls, nous n’y arriverons pas.

Et au-delà des débats politiques, beaucoup évoquent aujourd’hui un climat difficile dans les services municipaux, marqué par plusieurs changements de cadres ces dernières années. Or une ville ne peut pas avancer sereinement lorsque ceux qui la font vivre au quotidien ne travaillent plus dans un climat apaisé.

Un bon maire n’est pas celui qui promet tout à tout le monde. Un bon maire est celui qui sait parfois dire non, même si cela déplaît.

Parce que la seule boussole doit rester l’intérêt général.

Au fond, deux visions de Luchon se dessinent.

Deux visions qui veulent toutes deux faire vivre et développer la ville, mais qui ne regardent pas l’avenir de la même manière : celle d’une ville dynamique, ouverte aux familles, aux jeunes, aux sportifs et aux entrepreneurs ; et celle d’une ville qui misera surtout sur son attractivité résidentielle et son cadre de vie, au risque de devenir avant tout une destination privilégiée pour retraités aisés.

Mais avant tout, arrêtons de rêver. Les campagnes électorales sont propices aux promesses et aux illusions. Les promesses font gagner les élections.

La réalité, elle, finit toujours par présenter la facture.

Luchon vit aujourd’hui sur un espoir. Mais un espoir ne remplace jamais une économie solide. Quand les fondations sont fragiles, les bulles finissent toujours par éclater.

Le potentiel de Luchon est encore là. Mais le temps presse. Et l’horloge, elle, tourne déjà.

Lorsque le verdict des urnes sera tombé, il faudra savoir dépasser les rancœurs de campagne. Comme à la fin d’un match, on se serre la main et on travaille avec le vainqueur. Parce qu’au fond nous sommes tous dans le même bateau et que l’avenir de notre ville compte bien plus que nos querelles.

Vive Luchon !

De Jean-Christophe Giménez (Gérant de l’Hotel Le Petit Train à Luchon et du petit train) Elu en 2020 dans la liste de Azémar Eric.

Mots-clés :

Articles en relation :