Fabien Bouteix, technicien de rivière au Syndicat de Gestion Save et ses affluents (Sygesave), dont une annexe est à L’Isle-en-Dodon, fait le bilan des crues de ces derniers jours.
Comment définiriez-vous cet épisode de crues que la région vient de subir ?
« Ce sont des crues conséquentes certes mais pas exceptionnelles. Le point positif -si je puis dire- c’est que la longue période de pluies, peu intenses, a été ponctuée d’interruptions permettant d’éviter un niveau de submersion grave, comme en 1977 par exemple. Par contre nous avons subi dans le même temps les tempêtes Nils puis Pedro, qui ont fait de gros dégâts en raison des sols détrempés, déracinant de nombreux arbres. »
Quelles tâches attendent maintenant le Sygesave ?
« Grâce aux études du bassin versant, réalisées il y a vingt ans, nous connaissons bien les endroits sensibles susceptibles d’être les plus impactés, les zones à risques post-crues. Nous procédons en ce moment à une inspection de tous ces endroits, additionnée des signalements qui nous parviennent. Il est encore trop tôt pour avoir une vision globale mais dès que les niveaux des cours d’eau seront suffisamment bas nous pourrons dresser un bilan plus complet.
Les communes ou les particuliers font remonter différents incidents à réparer : fossés bouchés, talus routier effondré le long d’un ruisseau, un arbre déraciné qui a détruit une berge avec risque d’inondation pour une maison, un gros arbre tombé au centre de l’Isle-en-Dodon, ruisseaux ensablés, embâcles divers, etc. Et ce n’est qu’un début, lorsque les berges seront accessible, les signalements seront plus nombreux. Un gros travail attend toutes nos équipes pour organiser rapidement les chantiers nécessaires. Dans une quinzaine de jours nous pourrons en évaluer le coût. »
Y a-t-il des différences dans les territoires ?
« La situation est plus compliquée en aval, côté gersois, Lombez, L’Isle-Jourdain et d’autres communes, vers Grenade aussi et ces territoires où la pente est très faible, et favorise la rétention d’eau. La différence entre l’aval et l’amont, ce sont les digues, qui canalisent l’eau et l’amènent plus vite au point de débordement. Au bout d’un moment, l’eau va passer par-dessus des endroits de délestage, inonder la vallée et arracher de la terre arable. Avec une redescente impossible dans la rivière. Alors qu’en amont, sans endiguement, la hauteur d’eau est moins importante, elle s’évacue librement dans les champs et retourne dans son lit sans obstacles. »
Comment limiter l’impact des crues ?
« L’eau reste toute-puissante, mais la végétalisation des berges reste un bon moyen de les protéger de l’effondrement et des glissements. Les racines des arbres et arbustes, d’essences locales adaptées, stabilisent, consolident, retiennent la terre. Cela nécessite une surveillance et un entretien régulier par nos services. Les haies le long des champs, le curage des fossés, sont également bénéfiques. La protection et la restauration de la ripisylve (formations végétales des cours d’eau) et des écosystèmes aquatiques est un axe majeur des travaux du Syndicat de rivière Save et Affluents, combiné aux missions d’aménagement et d’entretien du bassin versant. »









