Goutevernisse : trois jours et trois nuits dans le froid, et la fraternité comme lumière

Jean Benoit Devic entouré par 2 membres de l'équipe Enedis d'Alsace
Jean Benoit Devic entouré par 2 membres de l'équipe Enedis d'Alsace

 

Depuis trois jours et  peut être trois nuits, les habitants de Goutevernisse vivent sans électricité. Plus de chauffage et pour certains plus de moyens de se faire à manger. Des maisons plongées dans le froid hivernal, des familles qui s’organisent à la lueur des bougies, des personnes âgées inquiètes, des exploitations agricoles à l’arrêt. Dans cette commune du Volvestre, au sud de la France, le quotidien s’est transformé en mode survie et dans l’espérance d’un secours rapide

À l’origine de ce calvaire : une ligne HTA de 20 000 volts arrachée par la chute d’un arbre consécutivement à la tempête. Au fil des heures, l’attente s’est faite plus pesante. Les jours ont passé, puis les nuits, sans lumière, sans chauffage, sans certitude sans le confort du monde moderne addictionnel dès qu’il disparait.

Face à l’ampleur des dégâts et à une situation régionale critique, on évoque près de 220 000 abonnés sinistrés, les moyens techniques disponibles étaient limités. Dès ce matin, une équipe venue de l’autre bout de la France. Des techniciens alsaciens de Enedis ont traversé le pays pour venir prêter main-forte à ce petit territoire du Volvestre en Haute Garonne.

Ce déplacement n’est pas anodin. Il est le symbole concret de cette solidarité des territoires qui fait la force de notre pays. De l’Alsace aux coteaux du Volvestre, des femmes et des hommes unis par le même sens du devoir, la même volonté de servir, la même conscience que, dans l’adversité, aucun village ne doit être laissé seul.

Sur place, la mobilisation n’a pas tardé à s’organiser. Constatant le manque de moyens techniques face à l’importance des dégâts, des agriculteurs de Gensac-sur-Garonne ont immédiatement répondu présent. Avec leurs engins, leurs matériels, leurs compétences et leur énergie, ils sont venus épauler les équipes d’Enedis. Une entraide spontanée, puissante, presque instinctive. Celle des gens de la terre qui savent que, dans les moments difficiles, la main tendue n’est pas une option mais une évidence.

Cette fraternité, inscrite au fronton de nos mairies et au cœur de notre Constitution, a pris ici tout son sens. Elle ne se résume pas à un mot gravé dans la pierre : elle se vit, elle se prouve, elle se partage.

Au-delà de la réparation d’une ligne électrique, c’est un lien humain qui s’est renforcé. Une démonstration que, malgré les crises et les distances, nos territoires savent se serrer les coudes. Dans l’épreuve, les différences s’effacent. Il ne reste que l’essentiel : La solidarité qui fait réchauffe dans le froid et éclaire dans le noir.

Alors que les travaux se poursuivent et que chacun espère un retour rapide du courant, une certitude demeure : cette épreuve aura révélé le meilleur: À Goutevernisse, depuis trois jours sans électricité, la lumière la plus forte n’est peut-être pas celle qui reviendra dans les foyers. C’est celle, plus discrète mais plus durable, de la solidarité humaine.

PetiteRépublique a une pensée fraternelle pour tous les autres habitants d’où qu’il soient,  victimes de la tempête

Mots-clés :

Articles en relation :


Derniers articles

Ne manquez plus un article :