Communiqué des groupes des élus communistes d’Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine concernant la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest.
La Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) est un projet ferroviaire structurant comprenant trois opérations complémentaires :
• Aménagements ferroviaires au nord de Toulouse (AFNT) – horizon 2031
• Aménagements ferroviaires au sud de Bordeaux (AFSB) – horizon 2031
• Ligne nouvelle à grande vitesse Bordeaux-Toulouse (2032) et Bordeaux-Dax (2034-2037)
La Ligne Nouvelle du Sud-Ouest (LNSO) est une infrastructure ferroviaire stratégique pour la France et pour l’Europe. Maillon essentiel du corridor Atlantique du réseau transeuropéen de transport (RTE-T), elle relie la péninsule ibérique au reste du continent, connecte deux nœuds européens majeurs —Bordeaux et Toulouse — et garantit la continuité des corridors Atlantique et Méditerranéen en articulation avec les projets LNMP et LNPCA. Elle s’inscrit enfin dans le prolongement de la ligne Sud Europe Atlantique, assurant l’ouverture du Sud-Ouest vers le Nord de la France et de l’Europe.
Depuis plus de cinquante ans, les territoires de Nouvelle-Aquitaine et d’Occitanie subissent un sous-investissement chronique de l’État en matière d’infrastructures ferroviaires. Plus de 60 % de la population vivant à plus de quatre heures de Paris se concentre en Occitanie : cette réalité territoriale impose un rattrapage massif.
Les lignes historiques Bordeaux-Agen-Toulouse-Montauban, Bordeaux-Dax et Montpellier-Sète sont aujourd’hui saturées, freinant à la fois le transport de voyageurs et le développement du fret ferroviaire. La LNSO est indispensable pour répondre aux impératifs climatiques, économiques et sociaux.
Le projet est déclaré d’utilité publique, son financement est acté :
• 40 % État
• 40 % collectivités territoriales
• 20 % Union européenne
La contribution de l’État est historiquement faible, tandis que les collectivités assument une part majeure de l’effort, y compris via une fiscalité territoriale spécifique votée par le Parlement. L’Union européenne, pour sa part, a réaffirmé son soutien sans ambiguïté : les coordonnateurs des corridors Atlantique et Méditerranéen l’ont confirmé conjointement à Toulouse.
Les chantiers sont engagés. Plus de 2,5 milliards d’euros sont déjà investis, 180 marchés ont été passés, et les travaux sont visibles sur le terrain, au sud de Bordeaux comme au nord de Toulouse. Les comités de pilotage ont toujours été coprésidés par les préfets de région, avec l’aval explicite des ministères concernés. Il n’est donc pas acceptable que l’État se dédise aujourd’hui.
Bercy oppose désormais un raisonnement de court terme, prétendant que la décarbonation passerait exclusivement par le véhicule électrique. Cette vision est erronée et dangereuse : elle ignore l’impact carbone global, les émissions de particules, la congestion routière et la nécessité absolue de développer massivement le transport ferroviaire.
Pire encore, Bercy cherche à imposer un partenariat public-privé (PPP), en rupture totale avec les montages public-public construits depuis des années. Un tel choix entraînerait :
montages public-public construits depuis des années. Un tel choix entraînerait :
• Un surcoût de 7,2 milliards d’euros,
• Un allongement des délais de plus de deux ans,
• Une explosion du coût total à 23,167 milliards d’euros.
Cette option est totalement inacceptable. Elle interroge d’autant plus qu’elle intervient dans un contexte de discussions sur les concessions autoroutières et d’un lobbying intense en faveur des PPP.
Les élu·e·s des groupes communistes des Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine interpellent solennellement le Président de la République et le Premier ministre.
Nous leur demandons :
• De faire respecter les engagements pris par l’État,
• De mettre un terme aux manœuvres dilatoires de Bercy,
• De garantir un financement public sécurisé, sans PPP,
• Et de confirmer sans délai la poursuite intégrale de la Ligne Nouvelle du Sud-Ouest.
La transition écologique, la justice territoriale et la crédibilité de la parole de l’État sont en jeu.
L’État doit assumer ses responsabilités.








