Estadens : Exposition de l’écomusée CAGIRE-PYRENNEES « Les âges de la vie »

Exposition « Les âges de la vie » de l’Ecomusée CAGIRE-PYRENNEES à l’église de Pujos de la commune d’Estadens.

Nous pouvons y voir le résultat d’un travail remarquable de collectage d’objets anciens, de vêtements, de toilettes, de coiffes d’enfants, de mariées, témoignant des traditions familiales dans leurs moments solennels, jusqu’au 18 septembre 2022.

Des photographies du spéléologue Louis Raymond y sont également exposées.

Au regard de ces traces d’un passé pas très éloigné comparé au temps historique de l’humanité, il se perçoit un ressenti troublant entre émotion et une nostalgie affectueuse, en particulier pour les plus anciens ayant côtoyé les derniers témoins de ces temps paysans proches de notre contemporanéité.

Au-delà de l’impression harmonieuse de l’agencement des pièces exposées avec goût, il se perçoit une profusion de détails qui suggèrent bien des projections imaginaires. Ce que nous disent ces coiffes d’enfants, les costumes de mariés, la robe de baptême du nouveau né, le brin de fleur à la boutonnière, la robe blanche ou en noir de la mariée, c’est l’importance d’une ritualisation de l’existence de ces temps intimement liée à la vie communautaire, profondément structurée dans la nécessité de cohésion sociale, de l’entraide de voisinage par l’esthétisation de ces rituels .

La singularité de la personne dans son habitat de pays était très différente du statut de l’individu actuel dans son statut parfois réducteur de contribuable et de consommateur dans un univers outrageusement artificialisé, normalisé, standardisé.

L’autre perception se situe au plan artistique, avec une impression évidente d’unité dans la beauté des matières travaillées, qui plus est bien mise en valeur dans le cadre de l’église restaurée avec soin. C’est dans ce lieu préservé, exempt des marqueurs technologiques invasifs comme autant de fracture du regard, lorsque le mobilier techno-structurel côtoie sévèrement nos paysages, nos villages du Comminges. Cet assemblage harmonieux d’éléments de la vie intime de nos aïeux  ouvre un espace de pensées, de questionnement sur la notion de progrès et des conditions du bonheur dans nos temps incertains. Sans idéaliser des temps révolus qui ont connus d’autres duretés, ce qui interpelle se situe au niveau d’une consistance qui manque dans les standards des comportements d’aujourd’hui suggérés par l’imagerie universelle.

Voir et surtout prendre le temps de s’attarder dans la visite, explorer dans le détail ces traces du savoir-faire issus de la civilisation du geste, faits d’éléments de matières naturelles, se laisser atteindre par ces reflets d’humanité, comprendre ce message qui nous est transmis avec affection pour voir bien au-delà de l’horizon de la nostalgie.

Ouverture de 14h à 18h les mercredis et samedis, à la chapelle de Pujos, entrée 2 euros pour les adultes et gratuits pour les enfants. https://www.facebook.com/profile.php?id=100016883051452

 

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