Tribunal Saint Gaudens : cachot pour l’exhibitionniste sexuel septuagénaire récidiviste

Le septuagénaire a comparu sous escorte devant le tribunal correctionnel pour une «exhibition sexuelle commise au préjudice d’un mineur de moins de 15 ans». Les mineures de moins de 15 ans à avoir témoigné sont en fait au nombre de quatre, et le septuagénaire est un récidiviste.

Les quatre jeunes filles sont des enfants de 12 ans pour deux d’entre elles, les deux autres sont âgées de 13 et 14 ans. Le septuagénaire a déjà été condamné à trois reprises pour des faits de même nature, en 2014 (2 fois) et en 2019.

Les témoignages des mineures sont concordants

Les faits se sont passés un jour de match de rugby, d’abord au bord d’une rivière, puis sur le parking d’un stade, entre des voitures, et à plusieurs reprises. Selon les témoignages recueillis lors des auditions des jeunes filles, il a «sorti son sexe du pantalon» et s’est même masturbé en regardant l’une d’entre elles. L’une a eu le cran d’aller le voir pour lui «dire qu’il avait mal agi», mais une autre a déclaré «s’être sentie mal» et une troisième a même pleuré.

Le prévenu n’a aucun souvenir

A l’audience, le prévenu dit ne pas se souvenir à cause de l’alcool (son taux d’alcoolémie mesuré à 20h45 était de 0,17 mg d’alcool par litre d’air expiré). Il se déclare même étonné, «parce que je n’ai pas d’érection depuis longtemps, dit-il (…), je n’ai pas le souvenir d’avoir fait quoique ce soit, mais c’est sans doute vrai puisqu’elles le disent toutes». Même pour les faits ayant généré les  condamnations antérieures, il reconnaît seulement que «c’est possible : à chaque fois j’avais bu».

A la présidente qui lui demande «qu’est- ce qu’on fait pour éviter que cela se reproduise ?», il répond «il faut arrêter de boire et me soigner (…) Il faut faire quelque chose».  La présidente : «Pourquoi ne pas avoir fait quelque chose à partir de la première et deuxième condamnation ?» Lors de la troisième condamnation, le 21 février 2019, il avait déjà été condamné à une obligation de soins.

Le prévenu ancien éducateur sportif et moniteur de gym : «j’en souffre»

Cet ancien éducateur sportif a été moniteur de gym auprès d’apprentis pendant 13 ans dans une entreprise de services publics, avant d’exercer les mêmes fonctions dans un centre d’éducation renforcée pendant 15 ans, jusqu’à la retraite. Au tribunal, il déclare : «ce n’est pas possible de faire du mal aux gens. Toute ma vie, j’ai été au service des autres. Je ne comprends pas, il faut que j’arrête de boire, il faut m’aider. En attendant, j’en souffre, je ne peux plus regarder mes enfants.  Plus gentil que moi, tu meurs».

L’expert : «pas de maladie psychiatrique proprement dite»

L’expert psychiatre estime le prévenu exempt de «maladie psychiatrique proprement dite», tout en considérant qu’il présente «un état dangereux de type criminologique pour les enfants». Le rapport utilise le terme de «paraphylie» (déviance sexuelle inadaptée aux pratiques classiques…) et conclut que le prévenu n’était «pas atteint de troubles psychiques au moment des faits».

L’avocat : le prévenu «ne peut se présenter comme victime de ses propres turpitudes»

L’avocat des parties civiles, deux des quatre jeunes filles, rappelle que le prévenu a déjà été condamné à une obligation de soins et que l’expert est sceptique sur l’efficience des soins qui pourraient lui être prodigués concernant un individu qui nie : «à son âge, il ne peut se présenter comme victime de ses propres turpitudes, il devrait assumer». L’avocat poursuit «vous imaginez les conséquences psychologiques pour les pré-adolescentes», et il sollicite des expertises médicales pour tenter de les évaluer. Il demande aussi à ce que le prévenu «n’exerce plus d’emplois même à titre bénévole au contact de mineurs» et qu’il soit «banni des lieux de festivités où l’on peut rencontrer des enfants», pour conclure «sur l’aspect répressif, je ne pourrai que corroborer les réquisitions du ministère public».

Le procureur : le prévenu «est un individu dangereux»

Le procureur observe qu’au fil des différentes affaires, la liste des victimes s’allonge, «j’imagine l’angoisse des parents. Quand je lis les auditions des victimes, je rencontre la crainte, la peur»; «le prévenu ne s’adresse pas aux parents (présents dans la salle)», mais il dit qu’il faut que cela cesse,  qu’il faut l’aider parce qu’il en a assez, il nie, «il donne des explications toutes plus farfelues les unes que les autres (…) C’est un individu dangereux dans ce box (…) Il faut une réponse forte et ferme pour provoquer une prise de conscience». Le procureur demande 4 mois d’emprisonnement avec un mandat de dépôt, un suivi socio-judiciaire pendant quatre années, l’interdiction de paraître dans la ville où se sont produits les faits, l’interdiction de tout contact avec des mineurs, et l’inscription au fichier des délinquants sexuels.

Un verdict en forme de «réponse forte et ferme» conformément à la demande du ministère public

Le tribunal a reconnu le prévenu coupable des faits reprochés ; il a suivi les demandes de l’avocat des parties civiles et du procureur ; il est même allé au-delà.

Le prévenu est condamné à l’inscription au fichier des délinquants sexuels, à un suivi socio-judiciaire pendant 4 ans (et 1 an de prison en cas de non respect des obligations), avec aussi interdiction de contact avec tout mineur de quelque façon que ce soit, interdiction de paraître dans les lieux dédiés aux mineurs, interdiction de paraître sur le lieu où les faits se sont produits, interdiction définitive d’exercer une activité en lien avec les mineurs, inéligibilité pendant 5 ans, interdiction de détenir une arme pendant 5 ans, avec aussi une injonction de soins et l’obligation de suivre les préconisations du médecin sous peine de prison, et enfin 2 mois de prison assortis d’un mandat de dépôt.

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Le prévenu a donc été conduit immédiatement en prison pour une durée de 2 mois, et l’ensemble des peines auxquelles il est condamné vont l’accompagner jusqu’à l’orée de ses 80 ans.

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