L’ensemble de musique Eths arbascas  (Les arbasques) a dévoilé sa démarche musicale,  qui s’est voulue inscrite par le choix du répertoire comme des instruments dans celle de la saison de Créagire cet été : Sentiment d’air.

Ce vendredi 6 juillet au son des instruments d’hier, d’avant-hier et d’aujourd’hui, pour demain peut être ? Nous avons entendu un voyage intemporel, avec des thèmes traditionnels au delà du temps qui s’écoule trop vite, des thèmes d’ici et d’ailleurs. La cornemuse, le chant, le bouzouki et la vielle à roue ont déroulé leur concert « Tramesaïrés » (le mélange des airs en gascon). Ces airs de musique étaient en pleine résonnance avec le thème des œuvres artistiques exposées ; Sentiment d’air. C’était une belle convergence dans cette nécessité artistique, la respiration de cette année à Créagire.

Ce répertoire selon les musiciens a été construit en quelques mois. Il s’est déroulé comme une évidence, de par la connivence perceptible des instrumentistes dans leur exécution. Ils nous ont rappelé que les Pyrénées sont et ont toujours été des traversées pour des songes d’ailleurs. Tout à tour le bouzouki irlandais avec Frank s’est fait guiterne médiévale, la vielle à roue de Dominique séfarade et andalouse, la cornemuse d’Aurélie s’est perdue entre Bach, l’Ecosse et les bourrées auvergnates, le dulcimer à marteau qui nous a rappelé le temps baroque des Lumières, avec l’évocation d’ Olympe de Gouges ou de Voltaire et leurs espérances alors de temps meilleurs, tellement nécessaires aujourd’hui. La pluie a contraint le public à se réfugier dans la salle de Créagire contribuant ainsi à un climat intimiste. Il ne s’y est pas trompé avec une adhésion chaleureuse sans équivoque. Un des musiciens disait : « Est-ce que ce concept artistique survivra au Passe-sanitaire ? ».

Les arbasques : Une évocation mythique de trois musiciens de la vallée d’Arbas, avec la contraction de aubasques  et de Arbas.  Les aubasques auraient été une bande de brigands irréductibles signalée à plusieurs reprises dans les premiers siècles de notre ère, localisée dans une agglomération déjà nommée Arbas à l’époque.

Source : Le livre CASTELBIAGUE  en COMMINGES de Eugène SOUBSOL  – 1994