De Charybde en Scylla, la spirale descendante, des mots sur les maux, ils ne sont pas faciles à trouver pour ceux qui aimeraient les exprimer. Chahuté par ses pairs, le Racing se porte mal. On sentait cette année l’équipe saint-gaudinoise, forte de son recrutement et de son état d’esprit initial, capable de renverser des montagnes cette année. Les Ours ont d’abord dominé Toulouse puis ils ont fait peur au géant Carcassonne, ils défié Villeneuve, redominé de la tête et des épaules Toulouse et joué avec le feu. Etaient-ils à leurs places ? Peut-être, sans doute, peut-être pas… Les dieux du rugby ne les ont pas laissés là où ils avaient envie d’être. Aujourd’hui, chaque acteur pense et dissèque la culbute et les avis divergent.

Fragiles, les Saint-gaudinois ont manqué de jusqu’au boutisme, de chance, d’indulgence, de rigueur, de pointillisme, de ce petit rien qui fait la différence. Ils ont petit à petit dégringolé. Fracturés au moral après leur défaite sur tapis vert face à Toulouse, ils ne se sont plus retrouvés. Ils ont coup sur coup perdu 2 à 26  face à Avignon, puis 40 à 12 samedi dernier à Albi, deux adversaires directs tant qu’ils prétendaient encore à la sixième place qualificative de la poule. Avec la victoire de Palau contre Toulouse, les voilà projetés au fond, bons derniers du championnat. Un moral de vainqueur et une envie de conquête annihilés, ils comptent aujourd’hui leurs blessés. Ils se regardent, dépités, décontenancés, joueurs, entraîneurs, dirigeants plongés dans des introspections respectives.

Des mots sur les maux, sans céder à un inconvenant défaitisme, le président Lagèze tient à afficher un optimisme de rigueur, la première touche du rebond :

« Que Palau ait gagné Toulouse et nous dépasse au classement, c’était prévisible. Nous voilà derniers. On attendait sans doute de toucher le fond pour rebondir. Et bien on y est ! Et cela ne pas être facile. Chay North, Valentin Chanet, Valentin Dumas sont blessés et seront à court de compétition si on est appelé à aller jouer le match de rattrapage à Carcassonne. J’attends, j’espère un sursaut d’orgueil de tous pour se ressourcer moralement et bien finir la saison. On n’a plus rien à aller chercher. C’est aujourd’hui compliqué de remotiver les joueurs, de remobiliser tout le monde, d’ouvrir les yeux. C’est sûr, on va terminer la saison du mieux possible. Au moment où c’est le plus difficile, il va falloir que l’on soit tous solidaires, que tout le monde retrousse ses manches, joueurs et dirigeants, moi le premier. Qu’on se serre les coudes et qu’on montre tout notre amour propre ! »

Le nez dans l’ornière, la roue tourne. Et pourquoi pas surprendre le leader Carcassonne, chez lui, la semaine prochaine ?