En ces temps de pandémie où on a le temps, pourquoi ne pas le consacrer à apprendre sur l’histoire de notre région ? De notre village ? Petite République vous propose au fil des semaines, de mieux connaître l’histoire de la Bastide Royale et pourquoi pas d’autres villages. Cette semaine, place au sport motorisé à Montréjeau.

 En 1922 est organisé le premier rallye automobile du Comminges.

Dans ses deux premières éditions, le circuit du Comminges, long de 200 km, couvre un large territoire. Partant de Saint-Gaudens les concurrents traversent Boulogne, Salies-sur-Salat, Aspet et Luchon pour revenir à leur point de départ, Saint-Gaudens. C’est le Rallye des Stations Thermales. Succès aidant, en 1924, les organisateurs agrandissent le parcours. Il faut maintenant franchir le col de Peyresourde, traverser Bagnères-de-Bigorre et Lannemezan, soit faire une boucle de 275 kilomètres . L’allongement du parcours permet aux organisateurs d’amasser un peu plus de royalties versées par les communes traversées, mais cela ne suffit plus à l’intérêt des spectateurs qui au départ du rallye doivent attendre plus de quatre heures pour voir revenir les véhicules à Saint-Gaudens.

En 1925, les organisateurs, désireux d’apporter un peu plus d’émotions fortes, changent de formule. C’est la Grande Semaine du Comminges qui voit le jour. Au programme, tout en conservant le Rallye des Stations Thermales, ils ajoutent une épreuve de 500 mètres lancés, deux gymkhanas, les courses de côte de Montréjeau et Peyresourde, le concours d’élégance à Luchon avant les premiers Grands Prix de vitesse du Comminges auto et moto.

Ce programme permet de différencier la course de vitesse, point d’orgue de ces journées des autres manifestations. Pour le Grand Prix du Comminges, le circuit ne fait plus que 27,6 km, ce qui donne du rythme et de l’intérêt à la course. Après le départ de Saint-Gaudens, les autos et motos prennent la direction de Montréjeau en passant par Valentine, Martres-de-Rivière, Pointis-de-Rivière, Huos et Gourdan-Polignan. Une fois à Montréjeau, les concurrents regagnent Saint-Gaudens en passant par Bordes et Villeneuve-de-Rivière. Ce premier Grand Prix auto de 384 km, est remporté après 14 tours de circuit par Goury sur Bignan à la vitesse de 85,50 km/h. Le Grand Prix moto revenant à Cercmart sur Terrot 350, à la vitesse de 92,47 km /h.

Le Grand Prix du Comminges atteindra son apogée en 1928. En effet, cette année-là, le circuit est retenu pour la Grand Prix de l’A.C.F. (Automobile Club de France), l’équivalent du Grand Prix de France de F1 d’aujourd’hui. Il sera gagné par Williams sur Bugatti avec une vitesse moyenne de 136,50 km/h. Grand Prix de France auto oblige, il n’y aura pas de Grand Prix moto cette même année. En l’espace de seulement trois ans, le vainqueur a amélioré la moyenne de course de 44 km/h, progression vertigineuse, qui ne sera pas sans conséquences sur la sécurité.

Jusqu’en 1932, le circuit restera tel quel, mais l’année suivante, il subira des modifications importantes. Nouvelles tribunes en ciment côte de Garenne à Saint-Gaudens, et pour des raisons financières et de sécurité le parcours ne fera plus que d’une dizaine de kilomètres, en faisant demi-tour à Villeneuve-de-Rivière.

C’en est fini de voir passer les concurrents à Montréjeau.

Texte de Jean-Jacques Miquel, ancien conseiller municipal. Texte également visible sur le site de la mairie https://www.mairie-montrejeau.com/fr/notre-bastide/histoire-de-montrejeau

Musée du circuit du Comminges, 1, rue des Chanteurs à Saint Gaudens. http://circuit-automobile-comminges.fr