C’était le 19 janvier 2007 sur les coteaux du Volvestre au-dessus du village de Gensac sur Garonne. Vers 22 heures, le chef Frédéric Mortier âgé de 35 ans était abattu par un homme en pleine crise de démence retranché dans son domicile isolé. Dans cette opération deux autres membres de ce service d’élite ont été blessés dont un grièvement.

L’affaire avait débuté dans la matinée par l’intervention d’une patrouille de gendarmerie locale qui avait été sollicitée par le maire de la commune. Cet homme aux antécédents psychiatriques faisaient une nouvelle crise de démence.

A leurs arrivées les gendarmes de la communauté de brigades du Volvestre étaient accueillis par des coups de feu tirés avec une arme de chasse et des balles de gros calibre. Fort heureusement ils n’avaient pas été touchés. Après un gel des lieux et vu l’extrême dangerosité de l’individu, il était fait appel au groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN)

Après l’échec du négociateur qui ne pouvait que constater que l’homme était incontrôlable et hermétique à tout argument, il était décidé de donner l’assaut. Dans un premier temps un gendarme du GIGN recevait une balle dans l’épaule le blessant grièvement et puis vint la fin tragique de Frédéric Mortier abattu à l’intérieur du domicile.

Le temps a passé avec des questions qui subsistent mais le devoir de mémoire pour cet homme qui a donné sa vie pour en sauver d’autres, notamment celle du forcené qui a été épargné, est la moindre des choses. Son frère Christophe, lui même gendarme, porte en lui cette blessure ineffaçable pour ce frangin qui est allé jusqu’au sacrifice suprême avec ce sens élevé du devoir qui anime chaque membre de cette Institution.

Une plaque qui se situe à l’entrée de la brigade de gendarmerie à Carbonne est là pour nous rappeler ce moment tragique et censé éviter l’oubli . Une plaque avec la froideur du marbre qui la compose et qui se sent souvent si seule. On passe à côté sans se soucier de ce qu’elle représente, on ne la voit même plus. On est passé à autre chose pendant qu’une famille le pleure encore et que deux gendarmes qui étaient en patrouille ce jour la, lui doivent certainement la vie…

Le souvenir ne doit pas nous empêcher de vivre, et vivre ne doit pas nous empêcher de nous souvenir … Mickaël Rouillard