Le président Alain Lagèze n’a pas sa langue dans sa poche et s’il grommelle, c’est qu’il est de la nature des Ours. Le jeu, il connait, la défaite, il l’accepte mais le sentiment d’injustice le révolte et, à juste titre, il dénonce et entend se faire entendre.

Samedi, face à une équipe réserve de Dragons, le Racing a été corrigé 50 à 14. Pour cause, l’équipe catalane n’était pas celle qui a débuté le championnat élite 1. Elle était composée de moitié de joueurs de super league, une option rendue possible par la fédération.

« Cette défaite me laisse un goût amer pour plusieurs raisons, entame Alain Lagèze. La première parce que je n’ai pas retrouvé l’équipe saint-gaudinoise de ce début de saison. On ne peut pas gagner un match en jouant seulement vingt minutes par mi-temps. Nous en reparlerons avec les joueurs aux prochains entraînements. Je suis également amer d’avoir vu jouer une équipe de Saint-Estève qui n’avait rien à voir avec celle qui a joué les trois premières journées. Le renfort de six ou sept joueurs évoluant dans le groupe professionnel a apporté une indéniable plus-value. Fin octobre, la question avait été posée par le président de Saint-Estève en visioconférence à l’ensemble des clubs d’élite 1. Il avait abordé la possibilité de fixer la date de remise des listes de joueurs équipiers premiers début décembre pour que les clubs pro, comme les Dragons ou encore le TO, puissent faire descendre certains de leurs joueurs dans leur équipes réserve évoluant en élite 1. A ma connaissance, une majorité des clubs étaient défavorables à cette proposition. Seulement la fédération n’a jamais donné suite et de ce fait, les listes ont effectivement pu être déposées début décembre, comme c’est le cas depuis plusieurs années. Cela favorise énormément le club de Saint-Estève. Je suis conscient que notre sport à besoin d’un championnat élite de haut niveau et que de tels joueurs y contribuent. Mais il se pose un réel souci d’équité, surtout lorsque j’entends le commentateur du match déclarer : « Il y a une deuxième équipe en tribune » en parlant des joueurs non cochés sur la feuille de match. Pourquoi un souci  d’équité me direz-vous? Parce que tout simplement, on autorise certaines équipes à déposer leur liste de joueurs en décembre, sans tenir compte du résultat de la sollicitation faite aux clubs. On efface certaines dettes. On octroie des postes d’ATD (agent territorial de développement) à certains clubs alors qu’on me répond que notre club ne peut pas y prétendre. Par contre, on nous précise bien que nous aurons un point de moins au classement si nous ne possédons pas d’équipe junior. On parle de « réserve » des Dragons… Je compare : Quelle a été la réponse de la fédération donnée à Jean- Yvon Masse, le président d’Aspet XIII, la réserve de Saint-Gaudens,  lorsqu’il a évoqué en début de saison la possibilité, la contrainte de mettre son équipe en sommeil? La fédération lui a tout simplement demandé de rembourser une dette de 700 euros sans même se soucier du devenir incertain d’un club treiziste en place depuis des années. Alors oui, cette défaite me rend amer et met encore plus en avant les difficultés que nous rencontrons au quotidien pour faire vivre notre club commingeois qui, malgré son passé glorieux, a de plus en plus de mal à s’imposer dans une cause treiziste que je qualifierai de catalano-audoise, qui laisse peu de place aux clubs qualifiés « délocalisés » ou encore « excentrés ». Nous aussi, nous aimerions avoir « une seconde équipe en tribune ». Pour cela, il faudrait également que les instances qui peuvent nous aider ne se contentent pas de nous imposer des choses sans nous fournir les moyens d’y arriver. Pour terminer, je suis convaincu que nos garçons auront à cœur de gagner samedi face à Palau devant les caméras de Via Occitanie et qu’ils démontreront à tous les détracteurs que Saint-Gaudens mérite sa place chez les six qualifiables. Notre club ne doit son existence et son rayonnement qu’à ceux qui s’y investissent au quotidien, qu’ils soient joueurs ou bénévoles, c’est surtout là sa force».