La sixième édition du Festival International de Musique en Occitanie vient de tirer son rideau de fin pour clore une année très particulière. Organisé par les associations Musiques entre Pierres et Les Nuits de Palaminy, ce festival a eu lieu au tout dernier moment grâce à une autorisation spéciale de monsieur le Préfet de la Haute Garonne. Des organisateurs qui ont tout fait pour que le spectacle continue malgré les grandes difficultés du moment pour offrir aux spectateurs un moment d’évasion et de rêve. Une nécessité de partage et de communion avec les musiciens.

Un public, malgré les circonstances, qui avait répondu en nombre pour venir soutenir ces artistes qui ne sont plus rien sans un public qui leur prête leurs oreilles et leur réchauffe le cœur par des salves d’applaudissement.

Tous les concerts du week end du 19 juillet ont eu lieu à Palaminy. Qui pourrait penser qu’un tel festival puisse se dérouler dans un petit village de 800 habitants situé entre Cazères et Martres Tolosane. Une bastide protégée par un rempart qui a été construite en 1260 par Raymond VII, conte de Toulouse. C’est dans la magnifique cour d’honneur du château qu’ont lieu chaque année des concerts d’un niveau international. Une histoire d’amitié et de fidélité entre les châtelains, les organisateurs et le talentueux Edmund Barton Bullock qui a pris possession de ce lieu chargé d’histoire avec beaucoup de bonheur et d’empathie.

Il est inutile de présenter ce grand artiste aux amoureux de la musique classique. Pour les profanes, il s’agit d’un pianiste compositeur d’origine américaine à la carte de visite très impressionnante. Il a joué dans les plus grandes salles et chez les têtes couronnés comme le prince consort du Danemark et son épouse la reine Margarethe II par exemple. Il compose de nombreuses œuvres qui ont été jouées au États Unis et en Europe.

Possédant une grande intériorité, il se dégage de lui une sagesse le rendant profond et quelque peu mystique. Lorsqu’il joue son visage grimace d’expressions les plus contrastées. Il s’illumine ou devient triste au fil des notes et emporte le public dans une communion où règne la concorde universelle. Jacques Brel a dit dans l’une de ses chansons : « On dirait qu’il prie »

Entre chaque œuvre, il possède ce charisme mêlé d’humilité et de pédagogie qui lui permettent d’expliquer au public la philosophie du morceau qui va suivre. Une simplicité, un phrasé et un sourire qui enchante le public avant même la première note.

Après avoir visité le répertoire de Beethoven, Mozart, Debussy, Edmund Barton Bullock a fini son concert sur une de ces œuvres « Nocturnes » avec beaucoup d’émotion.

Trois rappels sont venus récompenser ce concert d’un très haut niveau qui a pu se jouer par une douce nuit d’été dans cette magnifique cour d’honneur du château de Palaminy illuminée et décorée avec goût pour l’occasion. Des moments privilégiés où l’on tend vers le Beau.

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