Depuis sa création en 1272 et jusqu’en 1515 environ, la bastide du Mont Royal appelée en occitan Moun Réjaou,  qui a donné Montréjeau, avait dans ses murs une petite église. Celle-ci était située face à une porte principale de la ville, la porte Saint-Jean.

Au fil des siècles, en sus des outrages du temps, lors de tentatives de pénétrations dans la cité, elle subit des  dégâts. Les deux reconstructions de toiture dont les traces restent visibles dans le mur de part et d’autre du grand vitrail central de l’église actuelle peuvent trouver là une explication plausible. Ce fut aussi sans doute, autant de fois l’occasion d’agrandir l’édifice qui, ainsi, demeurait proportionné à l’augmentation de la population.

Les murailles, les tours, les portes furent définitivement rasées et les douves comblées aux environs de 1735 lors de la construction de la route Toulouse-Tarbes. Il en subsiste une centaine de mètres au nord-est de la ville.

Une dernière fois on agrandit l’église jusqu’à la tour surplombant la porte de la bastide. Celle-ci devenant une des portes de l’église.

Entre la tour et la nouvelle nef on édifiait un mur qui semble avoir un temps fait office de mur-clocher. La date de 1517 gravé sur le pilier d’une des chapelles permet de situer assez précisément l’époque de ces gros travaux. La très belle charpente de style anglo-normand qu’on peut voir aujourd’hui date de cette période.

Cet amalgame architectural ne devait cependant pas être très esthétique. On camoufla alors la tour de défense sous un parement de pierres de taille. En 1618, la vieille porte de la ville habillée de neuf faisait partie intégrante de la nouvelle église. Un clocher digne de ce nom devant dominer l’ensemble, on suréleva le parement d’un tiers environ. Ceci fut achevé en 1641. Le tout fut coiffé de la très belle toiture octogonale toujours actuelle, aussi élégante par ses courbes que peu courante dans nos régions. Enfin, des horloges monumentales y furent ajoutées en 1839.

Patrimoine : l’église Saint Jean (illustration)