Pendant 2 mois, notre vie sociale s’est arrêtée brusquement par l’arrivée d’un microscopique organisme que l’on a nommé Covid-19. Un drôle de nom pour un petit être qui a bouleversé nos vies faisant dire à certains qu’il y aurait un avant et un après. On a dû se contraindre à une nouvelle forme d’existence et la relativité du temps qui s’écoule plus lentement nous a invité à une introspection.

Nous avons eu le temps de mesurer ce qui nous manquait le plus dans cette vie contrainte de reclus et ce que nous ferions en premier quand nous pourrions enfin sortir. A part voir les gens que l’on aime bien sûr, c’est aller chez le coiffeur qui s’est avéré être l’un de nos premiers choix. Nous sommes donc allés à leur rencontre.

Le salon classique

Au salon du kiosque à Rieux-Volvestre, tout avait été préparé pour accueillir la clientèle en sécurité. Quatre femmes, toutes générations confondues, sont là pour faire une couleur. Ah les racines qui trahissent ! Malgré les masques, on devine dans le regard les sourires lumineux de reprendre sa vie d’avant et de s’occuper de soi, pour le regard des autres. On parle, on échange, on rit à la vie, on balance même parfois mais quel bonheur de retrouver des moments simples et de retourner chez son coiffeur. Quant aux coiffeuses, ce n’est que joie de retrouver ces gestes automatiques et la clientèle. Nathalie a toujours ce mot gentil et son sourire au cœur. Pour la patronne un soulagement en plus du reste, tout cela ayant eu un coup financier certain.

Le salon extra ordinaire.

Niché dans une maison de maitre surmontée d’une tour, ce salon au concept extraordinaire est situé place du Bariot à Carbonne. Selon le même principe qu’une chambre d’hôtes, il a été conçu et décoré avec un goût subtil et raffiné dans une aile de cette magnifique demeure. C’est Sylvie Pires, ex manager de chez Stéphan, qui prodigue ses savoirs dans ce lieu si particulier et atypique.

Dès la porte franchie, on est sensible à cette belle énergie qui s’en dégage. Le rituel d’accueil emprunt d’empathie est accompagné par une musique douce qui vous plonge aussitôt dans une ambiance de douceur et de détente. Dans ce lieu, on ne vient pas pour papoter avec les voisines du miroir d’à côté, on vient prendre précaution de son être à travers les soins des cheveux. On est dans l’intime dans cet espace où Sylvie Pirès n’accueille qu’une seule personne à la fois. Nul doute, que les murs qui n’ont pourtant pas d’oreilles sont le témoin d’échanges qui doivent souvent relever du personnel et de la confidence.

Au déconfinement les demandes de rendez-vous, seul moyen d’accéder à ce lieu, ont été innombrables. L’introspection mène souvent au besoin d’échanger et de partager dans le secret. « Il y a longtemps que j’ai perçu ce rôle particulier du coiffeur, plus complexe qu’il n’ y paraît aux premiers abords. Je ne suis pas surprise que grâce à ce confinement qui a bouleversé bien des certitudes, la plupart des personnes aient pu le percevoir. Je pense effectivement que ce métier d’apparence anodine est une indispensabilité sociale. » nous précise Sylvie Pirès.

Deux lieux, deux ambiances mais une conviction : On ne regardera plus jamais le coiffeur de la même manière ! Oui il vit, et pour notre plus grand bonheur !