Les Maires de la Com Com Cagire-Garonne-Salat distribuent les masques

La communauté de communes Cagire Garonne Salat a procédé ce samedi à une distribution massive de masques. Ils ont été distribués aux mairies, au prix de 4€ pièce.51 communes sur 55 ont souhaité bénéficier de cette opération. Parmi celles qui ne sont pas venues certaines avaient déjà pris leur disposition par le biais de fabrication par des couturières bénévoles ou autres sources.

Ce fut une première partie de la livraison, la communauté recevra des masques supplémentaires d’ici la fin du mois de mai,le but final étant de fournir un masque à chaque habitant. 19500 masques ont été commandés à des entreprises sur le territoire d’Occitanie.

La répartition des masques s’est effectuée au prorata du nombre d’habitants des communes. Les maires sont donc venues récupérer les commandes que les élus de la communauté de communes leur avaient préparées. Chaque municipalité distribuera ensuite les masques à ces administrés en observant des priorités telles que l’âge des personnes, leur vulnérabilité sanitaire.

Ce sont des masques lavables, donc réutilisables, de couleurs différentes mais unis.

Ce qu’ils en disent !

Marie-Christine IIorens Maire de Montespan

Dans l’ensemble le confinement a bien été respecté, bien que l’on sente un relâchement dernièrement. Les gestes barrière ont été respectés. Les gens sont restés chez eux. La solidarité s’est mise en place entre voisins. Elle s’est faite d’abord entre élus, puisque nous avons constitué des équipes pour tourner auprès des personnes les plus vulnérables, les personnes en état d’isolement, pour faire les courses. Ce n’est pas seulement pour les courses, mais aussi pour rompre l’isolement, leur faire une petite visite simple. Je pense à une dame âgée, on rentre dans sa cour, juste demander comment ça va ! Il y un membre du Conseil qui va passer une fois tous les deux jours. La solidarité entre voisins s’est installée naturellement. Au début personne n’y a cru. Puis les habitants ont pris conscience du sérieux de la situation. Nous avons un peu plus de mal aujourd’hui. Contrairement à d’autres localités, nous n’avons pas observé la venue de citadins venus se réfugier dans leur résidence secondaire. Nous en avons été étonnés, bien qu’il y ait assez peu de résidences secondaires dans la commune. Les gens ont pris conscience que nous étions dans une période particulièrement grave et il y a eut même un frein dans les réunions de famille. Les retraités nous disaient : « Pour nous ça ne change rien ! ». Il y a ceux qui ont découvert le plaisir du jardinage. Dans les échanges on perçoit qu’il y a une prise de conscience sur ce que l’on pouvait faire de mal à la planète, que ne sera plus jamais comme avant. La Terre a repris ses droits. Au niveau de la mairie nous avons lancé un bulletin Spécial Covid19. Nous en sommes au troisième numéro. On a mis en place une application Panneau poquet. Chaque administré a les informations en temps réel sur son mobile. Par exemple l’annonce de l’annulation de la cérémonie du 8 mai, mais qu’une gerbe serait déposée. Ce fut l’occasion d’améliorer nos moyens de communication avec la récupération des mails des habitants de la commune. Ça va changer nos méthodes de travail à l’avenir. Nous avons l’impression d’une crise gérée au niveau du gouvernement de façon assez baroque. Nous les élus d’en bas, nous avons pris du stress, de la pression, nous avons dû assumer. Au niveau des écoles, nous avons entendu tout et son contraire. Avec Figarol, nous sommes en RPI (Regroupement Pédagogique Intercommunal) et nous avons pris un arrêté pour la réouverture des écoles à la rentrée de septembre. Nous avons besoin de temps, de moyens humains et financiers. L’arrêté partira à la Préfecture lundi. Ce n’est pas la peine de faire pression sur nous, nous ne lâcherons pas. Les enfants ne sont pas une marchandise. Je suis consciente certes de la réalité de la crise économique, mais la question de la santé est prioritaire. Nous sommes conscients qu’il y a des parents qui ont besoin de travailler. Nous allons réfléchir, nous ne sommes pas fermés, nous sommes ouverts à la discussion, mais en aucun cas nous sommes en capacité d’appliquer un protocole d’une rigidité inconcevable sur le terrain. Le Président nous a suffisamment dit que nous sommes en guerre, aussi nous n’envoyons pas les enfants au front.

Marie-Christine IIolrens – Vice-présidente à la culture de la Com Com.

Le discours du Gouvernement sur l’avenir culturel ne nous a guère éclairé. Nous allons faire comme d’habitude, nous allons improviser au niveau local. Nous étudions comment nous allons pouvoir les soutenir. Il ne faut pas qu’elles cessent leur activité faute de moyens, car le tissu associatif est un acteur très important de la vie économique, sociale et culturelle au plan local.

Madame Nathalie Rouch Maire de Herran

Ces deux mois le gîte communal a beaucoup perdu. Toutes les réservations ont été annulées, soit une rentrée de vingt mille euros qui va faire défaut. Habituellement ce sont des groupes de dix personnes qui réservent. Nous avons des conventions avec des adultes handicapés de Toulouse. Jusqu’à août tout est annulé. Pour le renouvellement du Festival d’Occitanie cette année, nous ne savons pas encore. Les concerts seraient possibles éventuellement avec le respect des distances, mais les bals de danses collectives et les repas c’est impensable. Pour les personnes âgées, nous leur rendons visite tous les jours. Les courses sont faites à tour de rôle. Pour le marché de plein vent à Arbas, ils se font des listes, on remonte les courses. Nous sommes un petit village, ça se fait naturellement. Le souci majeur c’est le manque à gagner pour la commune. La Préfecture averti les maires au moins deux fois par semaine. La gendarmerie survole beaucoup en hélicoptère le massif d’Arbas pour s’assurer que personne ne monte aux estives, que les sentiers de randonnées ne sont pas utilisés. Les sentiers sont fermés au public. La route pour monter aux estives est fermée. La montée se ferait vers le treize juin. Il n’y aura que les professionnels qui monteront. Au-delà, c’est l’inconnue. J’ai le sentiment que nous sommes vraiment privilégiés ici. J’ai ma sœur qui travaille à Metz. Elle a perdu des collègues qui sont décédés. Après il y a Thomas qui est notre aîné qui passe le BAC et c’est compliqué. Même avec les cours en visioconférence il y a un manque de visibilité. Ma fille est en seconde. Elle est en conservatoire et tous les examens ont été annulés. Ils le vivent difficilement. Au fond ce n’est pas très grave, mais ils ne vivent pas très bien de ne pas voir leurs amis. Ils sont un petit groupe d’amis qui continuent de répéter par internet. Mais le contact humain demeure primordial. L’expression du visage c’est important et avec les masques elle manque. J’ai beaucoup de mal avec cette contrainte. Nous avons commandé un masque par habitant et j’en ai demandé deux par enfant en pensant qu’ils peuvent le perdre. Mais nous n’avons pas eut la totalité de ce qui a été commandé, il n’y en avait pas assez. Sur les 80, je n’en ai reçu que 36. Nous allons donc devoir choisir. C’est la commune qui prend en charge les quatre euros par masque. Des communes avaient acheté des masques jetables. En termes de pollution ça interroge ? Où est-ce que les gens vont les jeter ? Est-ce que la Com Com a prévu quelque chose ? Les gants c’est pareil. Normalement pour les déchets médicaux il y a une procédure. Nous n’avons pas eut le temps d’en discuter.

 Monsieur Jean-Pierre Duprat – Maire de Salies du Salat

Nous sommes triplement pénalisés. Nous avons le Casino fermé. Il représente une fois et demi les impôts locaux. Nous ne savons pas si les thermes vont rouvrir. Le village de vacances qui est fermé. Le SPA est fermé (Bains à bulles). Il n’y a que les soins esthétiques qui rouvrent, la piscine est fermée. Les restaurants sont fermés. Nous rouvrons le marché lundi, vraiment le marché avec ses soixante quinze exposants au lieu de dix. Les gens viennent au marché et ça fait une activité économique pour les commerçants. Pour les marchés durant le confinement, pour la Haute Garonne, c’était dix étals au maximum. Nous avons pris toutes les précautions. Les marchés étant de plein air, le gouvernement aurait pu autoriser les étals alimentaires. Tous les dossiers sont arrêtés. Nous étions sur un grand dossier sur la relance du thermalisme. Nous reprenons le dossier alors que tout aurait dû déjà être signé. C’est très pénalisant pour la commune. Nous avions en plus de multiples projets : le championnat de France de tarot. Ce sont mille personnes pendant huit jours. Cela été supprimé, peut être reporté au mois d’octobre. Au Salatines, nous avons cent cinq studios. Normalement à cette période, ils sont pleins tout le temps. Ces locations sont en phase avec les animations sportives ou autres. Là il n’y a plus rien. J’étais prêt à rouvrir les écoles. Il y a cinquante huit pages de protocoles. On va voir s’il y a une évolution parce que dans l’état actuel nous ne pouvons pas. Cela semble improbable qu’il y ait quatre vingt pour cent d’écoles ouvertes en France. Le maire n’est pas là pour fermer les écoles mais il faut être en capacité d’appliquer ce protocole et de respecter la sécurité.

Monsieur Michel Rouch Maire de Chein-Dessus

Ces deux mois se sont dans l’ensemble bien déroulés. Les administrés ont appliqué les consignes. Nous n’avons pas fait de réunion physiquement. Elles se sont faites par visioconférence, mais tout le monde n’est pas équipé. Nous sommes restés en relation avec les institutions, avec la Com Com par mails. Au niveau communal il ne s’est pas passé grand-chose, vu que tout était fermé au niveau administratif. Pour les personnes âgées, je faisais le tour de temps en temps pour voir s’il n’y avait pas de problèmes. Il y a Xavier à Lartigue, une personne âgée à Peyrèu qui est juste rentrée chez elle après avoir fait un AVC. Le cantonnier a cessé l’activité les premiers quinze jours. Le tri sélectif a repris il y a une quinzaine de jour. La question des marchés de proximité, à Intermarché, si vous voulez avoir des masques il faut prendre la carte du magasin, c’est de l’abus de pouvoir. C’est inadmissible ! Les caissières portent des masques et en même temps les employés qui font le réassort dans les rayons n’en ont pas alors qu’elles sont au contact avec les clients. Nous sommes en train de distribuer les masques, masqués nous même par obligation. Durant le confinement trois résidences secondaires ont été occupées de personnes venues se réfugier à Chein. Comme nous n’avons pas eut la totalité des masques, nous les distribuons avec Lucie Sentenac.

Lucie Sentenac conseillère municipal

Tout le monde a été surpris par cette situation. Pourquoi hier les masques n’étaient pas utiles et aujourd’hui ils deviennent une obligation ? Il a fallu d’abord subvenir au personnel médical. Le Conseil à Chein a été élu dans sa totalité, mais il reste à élire le Maire.

Entre les anciens élus et les nouveaux nous partageons la même vision. Pour ce qui est du registre de l’écologie qui fut un argument de campagne, nous avons des projets en termes de tourisme vert. Il existe sur Arbas une association de vélo-cyclistes avec des projets de pistes, avec des prolongements sur Chein. Nous projetons également d’accompagner au mieux les projets de reconversion en agriculture biologique. La sensibilisation aux produits locaux dans les marchés de plein vent réside dans la connaissance des producteurs souvent.  Nous avons bien vécu en soi cette crise parce que nous vivons à la campagne. J’ai été en télétravail ici. Ce fut difficile sur internet parce que nous étions nombreux sur le réseau, mais nous avons eut des conditions de vie qui font que nous ne sommes pas à plaindre. On peut comprendre les gens dans les grandes villes qui deviennent fous de devoir évoluer à quatre ou cinq dans trente cinq mètre carrés. Ici nous avons une vie agréable.