Nourrir la population est une priorité essentielle. Le gouvernement a récemment pris des arrêtés permettant d’assouplir certaines règles du cahier des charges du Label Rouge. Que penser de ces tolérances au motif des difficultés liées au Covid 19 ?

Le Label Rouge, c’est quoi ?

Selon l’Institut National de l’Origine et de la Qualité, le Label Rouge est un signe national qui désigne des produits de qualité supérieure à d’autres. Il repose sur « la qualité supérieure (…) des conditions de production (…), l’image du produit au regard de ses conditions de production, les éléments de présentation ou de service. »

Des réglementations assouplies en période d’épidémie

Pour aider les producteurs tant que dure l’état d’urgence sanitaire, certains aliments qui n’étaient pas éligibles à ce label le deviennent. Depuis trois semaines, le Ministère de l’agriculture publie sur le journal officiel des textes qui revoient à la baisse les exigences pour une trentaine de produits Label Rouge (mais aussi AOP et IGP). Les aliments tels que la viande, le poisson, et le fromage sont concernés. L’ensemble de ces modifications sont visibles dans le Journal Officiel via des arrêtés du 9, 12, 17 et 21 avril.

À titre d’exemple, concernant les agneaux Label Rouge, le temps maximum d’attente de l’animal vivant à l’abattoir est doublé, passant de 24h à 48h.

La viande de veau de lait est également concernée. À l’origine, les veaux de plus de 160 jours étaient écartés du label. La nouvelle disposition indique que les veaux de moins de 212 jours seront labellisés.

Une baisse de la qualité des produits et un recul sur la prise en compte du bien être animal

Plusieurs conséquences à un tel assouplissement des règles sont remarquables :

    • Sur la qualité gustative des produits, le stress lié à l’attente à l’abattoir et l’âge plus avancé de l’animal altèrent la qualité de la viande. En guise d’exemple, un veau âgé de plus de 180 jours fournira une viande moins tendre. Par conséquent la viande est nerveuse, riche en toxines, et naturellement moins bonne pour la santé.
    • Au-delà de l’aspect consumériste, les mauvaises conditions d’abattage des animaux sont un sujet qui fait déjà polémique depuis plusieurs années car elles posent un problème éthique et moral. Rallonger le temps maximum d’attente des agneaux à l’abattoir est contraire à la prise en compte du bien être animal.

En tant que citoyens, gardons à l’esprit que notre force se situe dans nos choix de consommation.