Petite République a voulu connaître les réactions des directeurs d’Ehpad, suite à l’annonce faite par le ministre des Solidarités et de la santé Olivier Véran dimanche 26 avril.

Ci-dessous, la réaction de Jean-Luc Lacoste, directeur de l’Hermitage à Montréjeau

« Voilà qu’en l’espace de 48 heures, tout se bouscule dans le monde qui nous entoure sans que nous nous y attendions.

D’une annonce effrayante d’un risque de confinement des personnes âgées jusqu’à décembre, nous passons d’un coup et d’un seul à des visites autorisées, trois semaines avant la fin du confinement !

Chacun y va de ses consignes, de ses conseils, de ses recommandations et il ne reste plus qu’aux directeurs des EHPAD qu’à ne pas se noyer dans le tourbillon des annonces et à prendre les « bonnes décisions » qui s’imposent !  Dommage qu’il n’existe pas une formation devin en cours du soir …

En tout cas, à l’Hermitage, nous avons décidé de nous organiser et de franchir cette étape supplémentaire du mieux que nous pourrons.

Nous avons un petit chalet extérieur qui nous sert de bar d’été, il servira d’espace rencontre. Les familles souhaitant voir leur proche prendront rendez-vous auprès du directeur et pourront venir au chalet à raison d’une fois semaine pour démarrer, une seule personne à la fois et pas plus d’une demi-heure.

L’avantage du chalet est qu’il permet à la famille de venir sans passer par l’intérieur de l’établissement.  Nous fournirons masques et gel hydroalcoolique. Nous limiterons les rencontres aux familles directes (enfants, petits-enfants majeurs), et rappellerons les gestes barrières essentiels. Une table équipée d’un plexiglas vient rappeler cela.

Il est difficile lorsqu’il s’agit de relations humaines de se montrer aussi restrictif et exigeant mais nous avons fait le choix de le dire, le parler, le partager avec les résidents et les familles plutôt que de leur faire signer des protocoles ou de leur adresser des courriers.

Pour l’instant, tout semble bien se dérouler. Pourvu que cela dure…

Je crois fortement en l’intelligence et la volonté collective. Résidents, familles et salariés me le démontrent chaque jour, donc j’y crois plus encore. N’en déplaise à notre Président, je ne pense pas que nous soyons en guerre, ou alors c’est une drôle de guerre où nos seules armes sont les valeurs humaines et l’envie de protéger l’autre et où nous ne connaissons que très mal l’ennemi ! »